Tant qu'on y est, pour les fêtes, on poursuit notre visite des groupes qui voient la vie en noir ! On grimpe sur la montagne noire avec des Canadiens bien allumés !
Depuis quelques chroniques, les groupes avec le mot Black s'accumulent et bien souvent il s'agit de groupes accros aux années 70 et tous les trips sonores qui furent découverts. Originaires de Vancouver, les membres de Black Mountain ont les mêmes références que les autres.
Ils aiment ce vieux rock vintage fait de guitares et d'excès mélodiques en tout genre. Heureusement ils sont assez doués et vouent un culte à Black Sabbath (encore un "Black" dans le titre), première période. Celle où le hard rock se confondaient avec le psychédélisme.
In the future est résolument tourné vers le passé. C'est sa qualité et sa limite. On a donc droit à des fresques rock et beaucoup d'émotions. Ce n'est pas du Wagner mais leur rock pourrait illustrer une invasion de la Pologne, pour extrapoler une grande phrase de Woody Allen. C'est grandiloquent. Les guitares s'affrontent dans des solos virtuoses. Les chanteurs se font bardes. Un synthétiseur et un orgue Hammond s'envole vers des espaces vaporeux. C'est un bon vieux rock illuminé et stratosphérique.
Heureusement il est parfaitement exécuté. Ca sent un peu l'exercice de style mais on sent le plaisir de Stephen McBean et ses potes. Connu pour leur implication dans une association de prévention contre la drogue, le groupe semble tout de même être tombé dedans quand il était petit.
On assiste donc à une grande messe, où les riffs lourds laissent leur place à des nappes élégiaques de sons cotonneux. L'acoustique se love avec l'électrique. Les ficelles sont énormes mais on se laisse avoir.
C'est un rock mystique qui est célébré dans ce deuxième album de Black Mountain. Malgré les clichés du genre (ca va du Jefferson Airplane jusqu'à Genesis), les chansons se tiennent et s'écoutent. Puis se réécoutent. Car généreux dans l'effort, les membres du groupe ont rempli leurs chansons de petites surprises. A chaque écoute, on découvre un petit détail qui fait toute la différence.
On s'attache finalement à ce disque car il est bienveillant, vigoureux et héroïque. Il en fait des tonnes mais sans être ridicule. Il assume sa passion.
Une louable position que l'on doit saluer !