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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 In rainbows

In rainbows

... RADIOHEAD

(http://www.inrainbows.com – 2007)

Et ta critique ?




Emancipé de toute contrainte, Radiohead se vend désormais sur le net. Thorn Yorke et ses camarades en profitent pour synthétiser leur carrière protéiforme. A défaut d’un véritable arc en ciel, ce disque nous en fait voir de toutes les couleurs.


Les premières notes de l’album renvoient aux dernières aventures de Radiohead. Un peu de pop, beaucoup de mélancolie et de l’ambitieuse électro. Suite au mémorable OK computer, le groupe s’est largement appuyé sur les machines pour développer un univers kafkaïen et très mélodique.

Refusant de renouveler leur contrat avec EMI, Radiohead se sert encore de la technologie pour vendre leur nouvel opus, In rainbows. Le disque est distribué uniquement par téléchargement (plus d’un 1.2 million pour l’instant), alors qu’un coffret est prévu pour le mois de décembre.

En attendant, les dix nouvelles chansons de Radiohead semblent regrouper toutes les périodes du groupe. La première surprise de cet album, c’est le retour d’une guitare claire et omniprésente. "15 step", premier morceau de l’album, part de bidouillages devenus habituels puis surgit une élégante guitare que l’on retrouvera souvent.

In rainbows est beaucoup moins synthétique que les récents Amnesiac et Hail to the thief. Certains morceaux ont même l’énergie de The bends. "Bodysnatchers" crache une hargne que l’on ne connaissait plus au groupe. "Jigsaw falling into place" aurait dû être présent dans les premières galettes de Radiohead. In rainbows révèle une seconde jeunesse ou peut être une deuxième naissance.

Une note jazzy intervient aussi. Les guitares sont vraiment délicates et soignent de douces mélodies, jamais joyeuses mais très agréables. La voix de Thorn Yorke retrouve la fièvre elle aussi. Exalté, apaisé, fatigué ou céleste, le chanteur retrouve sa place dans un groupe qui musicalement, devenait trop mobile.

Ici, on se surprend à aimer l’apparente simplicité des titres. Les limites de la parodie atteintes (arty-branchouilles-avant gardistes), Radiohead revient aux bases, profite de ses expériences plus ou moins heureuses et gratifie l’auditeur d’un best of inspiré puisque original. On dirait des inédits de tous les autres albums, joliment assortis les uns aux autres. Si les retrouvailles ne se font pas dans les règles établies, elles font du bien et rassure sur la réelle modernité de ce groupe de toute façon hors du commun.


Allez petit cadeau...le  désormais classique Karma police...




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/10/2007