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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 In deference to a broken back

In deference to a broken back

The DAREDEVIL CHRISTOPHER WRIGHT

(Amble Records - 2010)

Et ta critique ?




Ils ne font pas rêver, ces trois gaillards sur leur canapé immonde ! D'après leur nom, ce sont des casse cous. Il est vrai que leur musique a de quoi surprendre. Tant mieux.


Encore une bande de barbus venus du trou du cul des Etats Unis. Pardon de ne pas être très poli, mais on ne compte plus les barbus faussement has been, entretenant leur look ringard pour mieux surprendre par une science innée du folk américain.

On n'est pas étonné donc d'entendre de jolis arpèges, de belles harmonies vocales et des envolées doucement lyriques. Le trio de ploucs a une identité secrète: celle d'un puissant groupe de folk, jouant habilement avec des instruments de fanfare.

Venu de Eau Claire dans le Wisconsin, le groupe passe donc après Sufjan Stevens ou Bon Iver. Il semble un peu en retard mais ce n'est qu'une apparence trompeuse. Comme les deux artistes, The Daredevil Christopher Wright aime les patchworks musicaux. Il ne tricote pas très bien mais cela donne des résultats vraiment barrés.

C'est la revanche des geeks. Leurs compositions sont maladroites mais délirantes. Sur le fil du jemenfoutisme, les trois musiciens s'amusent avec les traditions, les rythmes et les orchestrations. Ca part un peu dans tous les sens mais cela a le mérite de nous arracher à nos habitudes.

C'est du rock de garage, du folk plaisantin (le délirant Conversation about cancer), de la musique légère et pourtant habitée. Les préjugés sont vite jetés. On se laisse avoir par leurs compositions sautillantes et finalement clairvoyantes.

Lointains cousins des Silver Jews ou Pavement, The Daredevil Christopher Wright parvient à séduire. Il surprend même par son pouvoir d'attraction pas si évident à la première rencontre. Il n'y a pas de cynisme chez eux. Leurs chansons sont douces amères mais aussi très farceuses. Ils n'hésitent jamais à s'échapper au moindre refrain.

Les titres se succèdent sans se ressembler. L'indé avec eux a encore de beaux jours devant lui. Ce disque pourrait dater du début des années 90. Leur disque est une aventure.

Une grande blague qui fait finalement réfléchir.
Et c'est déjà pas mal pour un disque !




Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 10/12/2010