Avec Andre Dussolier, Carole Bouquet, Mélanie Thierry et Adriana Asti - UGC Distribution - 17 aout 2011 - 1h50
Et ta critique ?
La valse du désir continue de renverser des héros pathétiques. André Téchiné à deux pas de la parodie.
Francis, écrivain cynique, demande à Judith, agent immobilier, de vivre avec lui dans la maison qu'il loue à coté de Venise pour rédiger son nouveau roman. Elle accepte. Ils s'aiment. Les ennuis surviennent un an plus tard lorsque la fille de Francis, Alice la romantique, disparait avec une petite frappe locale.
A chaque film d'André Téchiné, le désir est au coeur de l'oeuvre. Il est l'enjeu et le moteur des personnages. Ils ne savent pas le gérer. Ils l'embrassent pleinement. Le sentiment fascine le réalisateur des Roseaux sauvages et des Témoins.
Francis désire Judith. Judith a désiré Anna Maria, une détective à la retraite. Alice désire la petite frappe italienne. Les petites frappes en général désirent Judith. Tous les protagonistes se mettent en action en fonction du désir. Je te fuis, tu me fuis, on se fuit mais on s'aime!
C'est systématique et un peu trop schématique. Adapté de Philippe Djian, le film donne une impression de déjà vu en permanence. Ce n'est pas mal fait mais ce n'est pas envoutant. Ce qui est bien dommage lorsqu'il est question d'attirance, de libido et d'amour.
Heureusement, le cinéaste sait s'entourer d'excellents comédiens. Contre toute attente, André Dussolier rappelle qu'il est un acteur très à l'aise dans la tragédie. Son personnage est vraiment l'intérêt du film.
Carole Bouquet dans un paysage italien ressemble un peu trop à l'hommage appuyé de Téchiné à un autre passionné du désir, Antonioni. Néanmoins, l'actrice profite d'une opacité étrange pour composer une femme fatale plus ambigüe qu'à l'habitude.
Le reste du casting a bien du mal à exister. D'ailleurs le décor de Venise envahit l'image et parfois l'histoire. Labyrinthique et humide, la ville va bien au drame sentimental qu'il se joue. On est loin des clichés vus dans les productions hollywoodiennes. Toujours plus intéressé par les zones d'ombre, Téchiné s'est hélas un peu trop aventuré dans une impasse aux sentiments trop torturés pour être touchants!