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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

 Il était une fois...Franck Dubosc

Il était une fois...Franck Dubosc

Franck DUBOSC

DVD Universal pictures Sortie le 10 novembre 2009

Les commentaires

Courteligne

Le 17/11/2009

Ca taille chez Etat-critique !

Dans le même ordre, un article trouvé sur Challenges.fr qui éclaire sous un autre jour les comiques... Eh oui le rire peut aussi sentir le flouze...

"Le rire pas cher rapporte gros... Chiffre d'affaires de Dubosc en 2009 : cinq millions d'euros, record à battre ! «Avec un seul artiste en scène face à une salle pleine, le one-man-show enrichit très vite et facilement les artistes et leurs producteurs», indique Jean-Jacques Laham, consultant au cabinet Booz ?& Company.
«C'est vrai que nous gagnons beaucoup d'argent avec quelques têtes d'affiche,
reconnaît Jean-Marc Dumontet, le producteur de Nicolas Canteloup. Mais cela nous permet d'investir sur de nouveaux talents.» Ce producteur bordelais profite aussi du succès de son artiste-phare pour lancer des productions moins rentables comme Scooby-Doo ! avec dix artistes sur scène.

Le Québécois Gilbert Rozon, ancien producteur de Charles Trenet,
a été le premier à comprendre l'intérêt d'un tel "modèle économique".
Aujourd'hui, il dirige un véritable empire de l'humour à la tête de la société Juste pour rire, qui aligne une impressionnante écurie d'amuseurs : Laurent Ruquier, Franck Dubosc, Florence Foresti, Christophe Alévêque, Stéphane Rousseau, Jonathan Lambert. .. «La rentabilité peut attirer les producteurs au départ, souligne- t-il. Mais les artistes sont généreux, Dubosc et Foresti offrent de grosses productions avec orchestre.» Rien d'étonnant, enfin, à ce qu'un autre grand producteur, Gilbert Coullier (Gad Elmaleh, Patrick Timsit, François-Xavier Demaison...) soit l'objet de toutes les convoitises.

Le groupe Lagardère n'a pas réussi à le convaincre de lui vendre sa société, mais il vient d'accepter l'entrée du financier Marc Ladreit de Lacharrière dans son capital !

En quelques mois, le music-hall parisien, propriété d'Universal Music, a programmé Valérie Lemercier, Dany Boon, Patrick Bosso et Arthur. Les héritiers de Fernand Reynaud ont terrassé ceux de Maurice Chevalier.

«Ce phénomène est très visible à la télévision où les comiques sont invités partout, alors qu'il n'y a plus aucune émission de variété sur les grandes chaînes», regrette Jean- Pierre Pasqualini, directeur du magazine spécialisé Platine !" (source : challenges.fr)


Le rire sent aussi le flouze... rire facile pour argent facile... Y a peut-être un lien...? ...




roland

Le 18/11/2009

Merci au moins à Franck Dubosc de nous avoir permis de lire une critique aussi excellente, fine, drôle et pleine d'à propos !
Et merci à Philippe, bien sûr, pour sa plume, jamais meilleure que lorqu'elle est acérée !

thom

Le 18/11/2009

désolé, mais moi j'aime bien Francky. la culture populaire dans laquelle je me retrouve !

Et ta critique ?




Un DVD à offrir à votre beauf si vous en avez un et qu’il est beauf.


Il y a plusieurs catégories de comiques : les génies comme Chaplin ou Raymond Devos, les hors normes comme Coluche, les batailleurs dont le comique est une arme contre la médiocrité et l’injustice : Lenny Bruce ou Guy Bedos.

Il y a malheureusement d’autres catégories : ceux qui soufflent dans leurs trous du cul pour faire du bruit et qu’on les remarque (Bigard) et aussi une catégorie assez vaste, qui aurait tendance à laisser interrogatif ou dubitatif : les médiocres, les moyens. Franck Dubosc fait partie de ceux-là.

D’un physique agréable entre Spirou défraichi et Spip dévorant des noisettes, il joue plutôt bien. Une des qualités qu’il dévoile dans son dernier spectacle gravé sur DVD : « Il était une fois… Franck Dubosc », est d’occuper la scène, de faire le show. Voilà un garçon qui mouille sa chemise.

C’est une de ses qualités mais je n’en vois pas beaucoup d’autres. Il écrit lui-même ses spectacles et son texte est indigent. Quelques blagues salaces ne nous effraient pas mais rester en dessous de la ceinture prive des joies de l’esprit. Appeler sa quéquette Jean-Claude Dus, en hommage au personnage joué par Michel Blanc dans Les bronzés, fait vaguement sourire une première fois.

Mais Dubosc nous assène ses maigres vannes, une dizaine de fois durant le spectacle. Cela doit être son idée du comique de répétition. On voit bien ce qu’il veut faire de son double qui plastronne sur scène : un matamore, comme dans les pièces de Comedia del’arte. Un histrion qui nous régale de ses rodomontades et que le public, son public, aime parce qu’il lui tend un miroir.

Et l’on revient à la médiocrité. Le miroir dans lequel le public de Dubosc se mire, lui montre une humanité sans relief : des gens qui ont tous les mêmes problèmes, ma bonne dame, mais rien de catastrophique : grandir, être dépucelé, trouver un job et partir en vacances, trouver la bonne compagne, le boulot qui convient et vieillir. La grande aventure reste dans un coin du crâne pour faire croire qu’on est exceptionnel mais la grande aventure pour Franck Dubosc consiste à se faire passer pour un grand de l’humour alors qu’il n’est qu’un ouvrier spécialisé de la pignolade.

Je suis comme tout le monde, nous dit-il, et c’est pour cela que je suis une star. IL transpire quand même de son spectacle que malgré ses efforts d’autodénigrement, le rigolo ne se prend pas pour de la merde.

Franck Dubosc pourrait avoir de nombreux moments d’anthologie dans « Il était une fois » mais il s’arrête toujours à mi-chemin de la bonne idée et ne recule jamais ni devant les facilités d’écriture ni devant un clin d’œil complice à « son public ». Il rit toujours Avec et jamais Contre. C’est un rire qui nous dit : j’ai une petite bite comme toi, je te ressemble. Certains peuvent trouver cela hilarant, ceux qui rient aux histoires de bites.

Le paysage humoristique français est gangréné par ces comiques pas drôles qui font des vannes et nous lancent des clins d’yeux.

http://www.franck-dubosc.com/

 


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 17/11/2009