Il fallait oser une saga sur la fraude fiscale. Aussi passionnant qu’une convention d’inspecteurs des impôts ? IR$ est devenu au fil du temps, une série plus que rentable. Un best seller de la bédé !
Franchement, le sceptiscisme était de mise devant cette bédé mettant en scène Larry B.Max, super agent de la puissante IRS, l’administration américaine des impots. Stephen Desberg et le dessinateur Bernard Vrancken ont réussi à installer un drôle de héros, torturé, solitaire, amoureux d'une hotesse du téléphone rose, préférant affronter les pires enflures de la planète plutôt que fouiller dans leurs factures.
Il est devenu crédible au fil des épisodes, toujours découpés en dyptiques. Un format bizarre qui a ajouté à la crédibilité d’un efficace scénario. Depuis IR$ est une valeur sûre pour ses éditeurs. On a fini par se plaire dans l’univers de la fiscalité hors la loi.
Il faut dire que Larry B.Max n’est pas un petit type aigre aux cheveux gras : c’est un play boy grisonnant aimant l'action. Le stéréotype ambulant est vite noyé par des histoires nerveuses souvent très bien écrites. Le douzième volet est un bon cru.
Après les nazis, les trafiquants de drogues, les mafieux et d’autres personnes infréquentables, il se retrouve coincé dans une sombre affaire à Hollywood. Son intérêt est soudain décuplé lorsqu’il peut faire la lumière sur la mort de sa famille…
De la drogue, du sexe et de la violence, tout un programme et les auteurs citent ouvertement le maître du polar californien, James Ellroy. Les histoires s’entrecroisent et se recoupent habilement. C’est un vrai scénario à tiroir.
Le graphisme est un peu moins statique qu’au début de l’aventure, il y a une dizaine d’années. On devine une collection qui gère enfin pleinement son concept. Ca pourrait être ces jours ci la lecture préfére de notre cher ministre de l’économie et son amie Madame Bettancourt. On la conseille en tout cas : ca change les idées !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 06/07/2010