C’est la bonne blague de l’année. Au mois d’avril, l’ancien Innocent, JP Nataf et quelques amis rassemblent un catalogue de chansons nommé I want you et les chantent avec une grosse envie de faire plaisir. C’est réussi.
I want you, voilà la phrase définitive qui doit se trouver sur un album rock sur deux. Je te veux. Rien de plus crédible pour un rocker que cette affirmation provocante, transgressant obligatoirement les conventions.
Ce fameux I want you a inspiré JP Nataf et toute une ribambelle d’artistes du label Tôt au tard. Ils ont formé un groupe. Très logiquement, ils s’appellent les Wantones. A défaut de composer, ce groupe reprend tous les titres I want you.
Cela va de Dean Martin à Kiss en passant par Tom Waits, Elvis Costello, Debbie Harry, Bob Dylan et des compositeurs moins connus. Tous ont hurlé I want you à la face du monde et tous sont revus et corrigés par les sympathiques Wantones.
Les zouaves de ce groupe reprennent avec un goût certain pour l’originalité et la pop. On ne reconnaît pas tout le temps le titre original et c’est une bonne nouvelle. Ce n’est pas un sage album de reprises, respectueuses et délavées.
The Wantones s’amusent. Ils retrouvent des échos des chanteurs qu’ils célèbrent et d’autres qui ne sont pas présents comme Velvet Underground, influence inattendu de l’album. Il y a une belle cohérence (et un son joliment psyché) dans le disque, hommage à ces chansons désarmantes et solidement incrustées dans un coin de notre cerveau, à cause de leur simplicité radicale.
La blague est donc anecdotique mais elle révèle une sourde intelligence, une volonté d’en découdre avec des clichés du rock et de la pop. Il faut saluer le courage et attendre avec espoir un improbable prochain album, I love you, I need you ou I’m sorry…
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 17/04/2008