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Jeudi 09 Février 2012Art-scène

 I’ve a feeling we’re not in Kansas anymore

I’ve a feeling we’re not in Kansas anymore

Thomas BAYRLE

Jusqu’au 19 avril 2009 Au MACBA à Barcelone

Et ta critique ?




 

Il faut se promener sous le soleil de Barcelone pour découvrir tout l’éclat délirant d’un artiste allemand méconnu chez nous. Il faut absolument réparer cette injustice !

 

 

Sur le mur gigantesque et blanc du musée d’art contemporain de Barcelone, une vingtaine de cadres. Les peintures, en apparence, sont colorées et rappellent le pop art, mouvement à la mode en ce moment dans tous les musées du Monde.

La multitude cache en fait une technique : les grandes images sont composées de petites images. La mise en abyme est discrète mais efficace. Thomas Bayrle est un petit malin. Dans sa jeunesse, il a travaillé dans le textile. Dans son usine de tissage, il était fasciné par la complexité du travail et la simplicité des éléments.

Des petits dessins identiques composent un énorme dessin. Une vision anodine d’un autoroute gris peut laisser apparaître un Jésus. Un petit dessin pornographique peut présenter le même en beaucoup plus grand.

L’esthétisme de ses dessins est résolument pop. Il détourne des plans et des petites voitures pour faire des femmes allongées ou des éléphants. Il transcende des tristes visions en pétaradantes distorsions.

On s’attarde sur les détails. On s’interroge et surtout on aiguise nos regards pour profiter de l’humour du peintre. Ce qu’il arrive à faire avec son obsession par exemple pour les autoroutes germaniques relève de l’exploit. On regretterait presque la musique de Kraftwerk dans l’audio guide.

Thomas Bayrle surprend et fait rire. Il rend compte aussi des angoisses des années 60 et 70. On devine l’ombre de Carlos dans certains tableaux. On pense à la guerre du Vietnam. On devine aussi un Allemand face à l’évolution de son pays.

Il critique par ses idées de structures complexes et de surmultiplications d’images, une consommation de masse. Au fil des images, on voit un homme de plus en plus amer envers la société.

Lorsqu’il se frotte à la publicité, on devine aussi une certaine ironie avec ses sujets. La claustrophobie, l’enfermement et même le cannibalisme (des images mangent d’autres images pour exister) caractérisent l’ensemble.

On pense beaucoup à MC Escher et ses architectures nonsensiques. On se perd heureusement dans l’absurde. Au delà du message, Thomas Bayrle propose une œuvre ludique et animée. Il y a le soleil, les tapas et l’œuvre folle de Gaudi à Barcelone : il y a aussi pour quelques semaines une grande et belle découverte à faire ! Attention les yeux !

 

http://www.macba.es/

 

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 24/03/2009