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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 I feel good

I feel good

Stephen WALKER

Le Pacte - 24 décembre 2008 - 1h48

Et ta critique ?




Young@Heart est une chorale unique au monde : 80 ans de moyenne d’âge et un répertoire pioché dans les standards rock, punk, soul ou pop ! Vous avez dit “no future” ?


Imaginez : une trentaine de personnes très très âgées groupées sur une scène, chemise blanche pour les hommes, chemisier blanc pour les femmes. Au premier plan, celle qui semble leur doyenne. 90 ans ? 95 ans ? Difficile à dire. Elle est très voûtés, s’appuie sur une canne dont elle ne peut manifestement pas se passer. Un premier riff de guitare électrique, un deuxième riff, un troisième riff et la mamie se lance d’une voix sûre et forte : “Darling you gotta let me know / Should I stay or should I go ?” Saisissant !

Saisissant, c’est le mot qui convient le mieux pour qualifier cette chorale d’un genre “ancien”, Les Young@Heart, résidents de Northampton, une petite ville du Massachussetts. Ses membres, âgés de 75 à 93 ans, parcourent le monde pour des concerts où ils (ré)interprètent, à leur manière, des classiques rock, punk, soul ou pop. The Clash, Sonic Youth, Radiohead, Talking Heads, Coldplay ou James Brown sont au répertoire de cette bande de joyeux drilles décomplexés.

Documentariste britannique réputé, Stephen Walker a suivi les Young@heart pendant la préparation d'un nouveau spectacle il y a deux ans. Au fur et à mesure des répétitions, la chorale de seniors et son directeur, Bob Cilman, mènent de front deux expériences difficiles : celle de l’apprentissage de nouvelles chansons et celle de la réalité de la vieillesse.

Rythme et tempo exigeants, paroles quelquefois difficiles à mémoriser, maladies, décès également... ces longues semaines de répétition sous l’oeil attentif de la caméra verront se succéder petites et grandes joies, mais également immenses tristesses quand la maladie emporte l’un ou l’autre des choristes jusque-là fidèles au groupe.

Pourtant, si ce documentaire permet au public français de découvrir cette chorale extraordinaire qui lui était jusque-là restée à peu près inconnue, on ne s’en étonne pas moins de le voir projeté en salle. Commandé à l’origine par Channel 4, il a mieux sa place sur le petit écran (thème, construction) que sur le grand. Pour preuve, il se murmure qu’une société de production envisage un “remake”, avec des acteurs cette fois, pour une fiction véritablement formatée pour le cinéma.


Joël Fompérie

© Etat-critique.com - 24/12/2008