Marche (cours, bastonne, tue) ou Crêve ! Sur un concept basique jusqu’à l’épure, Hyper Tension ne s’arrache pas à son destin de petit film d’action old school et énervé.
Un tueur à gages doit maintenir son adrénaline élevée s’il ne veut pas que le poison qu’on lui a injecté, fonctionne. Il a quelques heures à vivre et il fera tout pour faire la lumière sur son assassinat. Il en profitera aussi pour déclarer sa flamme à la femme qui l’aime.
Course contre la montre ou contre la mort, Hyper Tension amuse par son concept. Les auteurs du film ont bien compris l’essence du cinéma d’action américain : si tu t’arrêtes, tu es mort. Il applique la formule à la lettre et cela donne un début de film plaisant, où notre empoisonné doit toujours se stimuler, y compris par des moyens plus ou moins légaux. L’acteur patibulaire Jason Statham (Le Transporteur) a la tête de l’emploi. Sa tronche de pitbull britannique va très bien au personnage, obligé de se mettre dans les pires situations pour survivre.
Les réalisateurs, de leur coté, conçoivent le film à la manière d’un jeu vidéo. Les références au genre sont nombreuses et la réalisation imite les tics visuels des consoles de jeux. Les effets gore sont tellement énormes que l’on se croirait dans un shoot’em up. Hélas, à la différence d’un Jan de Bont sur Speed, les effets de styles sont surmultipliés au point de devenir agacants. Michael Bay, responsables de bouillies filmiques comme Armaggedon ou Bad Boys 2, a lancé une mode où la précipitation cache bel et bien l’absence de mise en scène. Les filtres sont jolis. Les ralentis aussi. Mais la surenchère à la manière d’un clip finit par lasser.
C’est d’autant plus dommage que l’intrigue, simplifiée est franchement ludique. C’est finalement une version cocaïné de Mort à l’Arrivée. Les regrets viennent d’un manque d’ambition : les réalisateurs Mark Neveldine et Brian Taylor ne veulent pas échapper à leur sort de simple produit de consommation efficace. Sur un sujet concept, il y avait un autre film d’action à faire.
Les plus jeunes devraient s’amuser ; les autres dépoussièreront leur vieille cassette vhs de Speed !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 13/03/2007