Avec Dee Wallace, Christopher Stone, Dennis Dugan et Patrick Mcnee - Canal Plus - 1981
Et ta critique ?
Hurlements reste une référence en matière de film de loup garou. Plus qu’un hommage au genre, ce film griffe tous les travers de son époque.
Cela commence comme un polar urbain de la fin des années 70. Le décor est celui d’une ville déglinguée qui plaisait tant à ce gros réactionnaire de Charles Bronson. Un serial killer, Eddy, rode en ville. Une journaliste, Karen doit le rencontrer dans un sex shop.
L’ambiance est glauque. Le tueur se prend une balle dans la tête et la journaliste est traumatisée. Un psychologue l’invite dans son centre de thérapie. Il était le médecin du tueur et l’ombre de ce dernier plane bizarrement sur « la colonie »…
On ne vous dira pas la suite, si vous n’avez pas vu ce petit classique du film de loup garou mais les connaisseurs ont toujours apprécié le grand détournement qu’effectue Joe Dante, tout juste connu après le succès de Piranhas.
Le polar urbain laisse place à une enquête très hitchcockienne. Les héros sont assez nombreux pour que certains soient sacrifiés pour notre plus grande surprise. L’héroïne est un clone des blondes du cinéaste anglais. Dante va les maltraiter avec un plaisir non dissimulé.
Le danger survient dans une horreur incroyable, avec des astuces visuelles qui continuent de faire leur effet près de 30 ans plus tard. Depuis, les images de synthèse n’ont jamais fait du bien aux lycanthropes.
Le travail de Rob Bottin sur les maquillages et le montage habile de Dante (et Mark Goldbatt devenu le monteur des gros blockbusters) ont permis de voir un homme muter en loup. C’est gore et ca laisse un souvenir mémorable.
Plus que cela, c’est la vision grotesque qu’a Dante de la télévision, de psychanalyse et de la sexualité. Tout un programme qui pourtant fait la richesse d’un sous propos habile sur l’état de nature et les prudes habitudes des Américains.
En prenant au sérieux la mythologie du loup garou, en le plaçant dans une réalité contemporaine, sans oublier de faire de l’humour noir, Joe Dante fait part d’un gout critique évident et d’un affolant sens de la narration. Le second point tapera dans l’œil de Spielberg. Il ne se doutera pas de l’encombrante première qualité qui fera le sel de sa filmographie.