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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Hotel Woodstock

Hotel Woodstock

Ang LEE

Avec Imelda Staunton, Demetri Martin, Liev Schrieber et Emile Hirsch - Universal - 23 septembre 2009 - 1h50

Et ta critique ?




Ang Lee réussit toujours à aborder le thème de l’identité en se confrontant à des genres très différents. Hotel Woodstock est une comédie légère. Rien de plus.


Ang Lee, taïwanais exilé à Hollywood, est un touche à tout. Drame élisabéthain (Raisons et sentiments), film de sabres (Tigre et dragon), adaptation de super héros (Hulk), il s’essaie à tous les styles. L’air de rien, il taquine les conventions souvent à propos de la sexualité : on se souvient de ses cow-boys homosexuels dans Brokeback Mountain.

Dans tous ses films, le cinéaste pose des questions pertinentes sur l’individu et la communauté, la différence et l’uniformité. Lee est un sensible même s’il sait mener à son terme, un spectacle populaire et académique.

Ang Lee bifurque une fois de plus après son drame chinois, Lust. Il revient aux Etats Unis, dans un endroit mythique, synonyme de nombreux bouleversements, Woodstock.

L’auteur de Chevauchée avec le diable (un des plus étranges westerns tournés) embrasse un nouveau mythe américain. Pourtant, durant son film, on ne verra jamais le concert qui célébra la génération hippie.

Généreux, Ang Lee nous présente le malheureux résident du village de Bethel qui a signé avec le producteur Michael Lang pour sauver son idée de concert dans l’état de New York, après le refus soudain de la ville d’à coté.

Elliot est un brave gars qui tente de joindre les deux bouts. Il aide ses parents à Bethel : ils tiennent un motel miteux. Pour éviter la faillite, il accepte, en tant que président de la chambre de commerce, l’organisation du concert.

L’arrivée massive de hippies dans la contrée va chambouler la vie du jeune homme. Car Elliot, discret, est un homosexuel juif d’origine russe. Dans une petite bourgade américaine des années 60, c’est le genre de choses que l’on apprécie peu. Lorsqu’on est le fils unique d’une famille russe venue de Sibérie, on reste muet sur ses "perspectives".

Elliot va donc se réaliser sous nos yeux et ceux d’une foule compacte où il croisera des fous bien plus lucides que les bien-pensants. Philanthrope, Ang Lee prône la paix, l’amour et l’humour. Son récit d’apprentissage est très classique mais il met en scène des personnages attachants et marginaux.

Sans mélancolie mal placée, Ang Lee et ses comédiens s’amusent à ressusciter toute une époque et sanctifie tout ce que l’on pouvait y trouver de bien et de (agréablement) subversif. Le taïwanais ne cherche pas à choquer : son hotel est tout à fait fréquentable. Il ne laissera pas un grand souvenir mais l’accueil est vraiment chaleureux. Une bonne adresse.



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 23/09/2009