Après Shaun of the Dead, magnifique hommage aux films de série B, ses créateurs s’attaquent au film policier musclé. Si l’effet de surprise disparaît, la recette fonctionne encore à merveille et une nouvelle pierre se pose sur l’édifice de l’humour so british, noir et forcément indispensable.
Après Shaun of the Dead, magnifique hommage aux films de série B, les créateurs s’attaquent au film policier musclé. Si l’effet de surprise né disparaît, la recette fonctionne encore à merveille et une nouvelle pierre se pose sur l’édifice de l’humour so british, noir et forcément indispensable.
Nicholas Angel a tout pour plaire : une réussite professionnelle qui récompense son ardeur à la tâche, un humour ravageur et un air de chien battu. Malheureusement pour un policier, l’efficacité peut devenir gênante quand ses collègues et supérieurs se retrouvent au chômage technique. Notre arme fatale va alors être mutée dans un paisible village de la campagne anglaise qui connaît autant de problèmes d’insécurité qu’un village du Gers en plein hiver. Largué par sa petite amie, désavoué par ses pairs (respectivement Cate Blanchett, Bill Nighy et Steeve Coogan, qui font une petite apparition très appréciable), le sergent Angel va sombrer dans la déprime dans un village où il ne se passe jamais rien.
Bien entendu ce calme apparent va se dissiper face à de sinistres évènements mais pour ne pas gâcher la surprise je ne ferai pas mention des morts violentes qui surviendront tout au long du film, ni du comportement étrange des habitants et encore moins d’une adaptation de Roméo & Juliette qui restera gravée dans les mémoires.
Il serait d’ailleurs prudent de ne pas accompagner de jeunes enfants voir ce film, l’humour anglais et le gore se mariant à merveille, vos chères petites têtes blondes pourraient finir par boire du thé vers la fin d’après midi et porter des redingotes en jersey, ce qui pourrait s’avérer effrayant, convenons-en.
Dans ce grand fourre-tout qu’est Hot Fuzz, tout y passe : courses poursuites, fusillades, répliques fameuses après les actes de bravoure, jurons, références culturelles (de Point Break à Bad Boys II), jardins à l’anglaise, bacon,… A faire défiler cet inventaire de Prévert à l’écran, on ne peut qu’éprouver de l’admiration pour le réalisateur qui ne se perd jamais dans sa trame même si l’on peut lui reprocher l’utilisation récurrente de transition flashy parfois un peu gratuite.
Au tableau d’honneur on retrouve surtout les acteurs, des premiers rôles au plus modestes, qui forment une galerie de portraits qui à elle seule vaut le détour. On retrouve avec délectation nos Laurel & Hardy du XXIème siècle, Simon Pegg et Nick Frost, qui donnent toute la saveur douce-amère au film.
Cette promenade macabre au milieu des cottages a toutes les chances de vous séduire si vous aimez le second degré, et en guise d’apéritif la maison vous conseille Cops de Josef Fares, variante suédoise sur le mythe policier, moins iconoclaste mais tout aussi rafraîchissante.
Vincent Valat
© Etat-critique.com - 16/07/2007