Il faut se méfier des chanteurs à chapeau ! Généralement ils cachent un manque d’originalité derrière leur coquetterie vestimentaire. Révélé par Peter Gabriel, Charlie Winston échappe à cette triste tradition.
Daniel Powter ! Vous vous souvenez de ce grand barbu avec un bonnet ou un chapeau qui chantait de la soupe avec une conviction hilarante ? Plus récemment, difficile de ne pas remarquer Jason Mraz, son petit chapeau et sa cool attitude qui ravissent tous les ados de la planète.
Il faut se méfier des chanteurs chapeautés ! Ils sont bien souvent des gentils ersatz d’illustres auteurs, peu convaincants et héros d’un ou deux titres ! On ne souhaite pas le même destin à Charlie Winston.
Hélas, il y a deux ou trois morceaux dans son premier disque qui font un peu mal aux oreilles. On sent le garçon inspiré par la Motown et la tradition folk mais quelques ritournelles semblent sortir de la discographie de Lionel Richie. Et pas sa meilleure période.
Mais pour se réconcilier, rien de tel que Like a hobo et son refrain country que l’on devrait entendre longtemps sur les radios. Charlie Winston a du style et pas seulement dans l’art de poser le galurin sur son crâne.
Elégant, le bonhomme réserve de bonnes surprises avec un rock nonchalant, teinté de jazz et de soul. Son album est un disque de voyageur, se promenant dans tous les genres sans trop les piller. Le titre Tongue Tied montre avec humour la grand ouverture d’esprit du jeune homme.
On devine ce qui a plu à Peter Gabriel, grand barde de la world music. Charlie Winston défend une soul blanche (très à la mode ces temps ci) mais il a surtout pas mal d’humilité pour se laisser à aller à une composition sensible et personnelle. Il y a donc quelque chose de sincère qui transpire de ce premier opus.
Le bonhomme a toutes les armes pour grimper vers les sommets. Il est beau, doué et intelligent.
Pourvu que la tête ne remplisse pas trop vite son chapeau !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 04/02/2009