Avec Hugh Dancy, Maggie Gyllenhaal, Jonathan Pryce et Rupert Everett - Haut et court - 14 décembre 2011 - 1h39
Et ta critique ?
Un sujet grivois traité avec un classicisme courtois. Bonne idée!
Dans l'Angleterre victorienne, le jeune docteur Mortimer Granville a bien du mal à imposer ses idées novatrices sur la médecine moderne. A chaque fois, il finit à la porte des hôpitaux pour avoir remis en question les vieilles règles établies.
Pas de chance pour ce médecin qui trouve finalement une place dans un cabinet un peu spécial. C'est là que le docteur Robert Dalrymple soigne l'hystérie des femmes. Sa manière spéciale de soigner les dames va donner à l'ingénieux Moritmer Granville, un idée qui pourrait soulager définitivement les femmes...
Oh my god se propose donc de nous expliquer les origines du vibromasseur. C'est très amusant d'autant que le film respecte les conventions de la comédie victorienne. Les comédiens sont excellents. L'académisme se révèle élégant. Décors, musiques, costumes, tout nous plonge dans l'austère aristocratie où rayonnent quelques heureux décadents. Toutes les qualités british sont présentes à l'image.
Evidemment, le film entend bien défendre le féminisme naissant et c'est toujours amusant de découvrir que la société victorienne refusait aux femmes, le plaisir ou le désir. Le discours n'est pas nouveau mais il n'est pas désagréable non plus. La leçon d'histoire trouve encore un écho dans notre époque.
On regrettera juste la mécanique trop voyante du film. La réalisatrice hésite entre la comédie sentimentale et le film engagé. Le sujet s'embourbe dans un final un peu long avec un procès assez inutile pour conclure l'aventure de Mortimer Granville.
Heureusement les comédiens nous font plaisir. Maggie Gyllenhaal a une énergie communicative. Jonathan Pryce et Rupert Everett assurent une nonchalance typiquement anglaise et souvent très drôle. Hugh Dancy confirme qu'il peut être bon dans un premier rôle.
Le film n'est pas extraordinaire mais il propose une évocation rassurante de la lutte des classes et s'il est parfois poussif, il nous demande de ne pas bouder son plaisir.