Plus fort que Léon, plus monolithique que le transporteur, voici le nouvel assassin sorti de la boite de Luc Besson. Il n’assassine pas uniquement les méchants! Il s’en prend à n’importe quel cinéphile !
Depuis Super Mario bros, le film, les producteurs semblent être frappés d’amnésie dès qu’on parle d’adaptation de jeux vidéo. Ils continuent à produire des adaptations malgré les échecs. Difficile de trouver une œuvre correcte. Pas la moindre série B honnête. Mais cela n’empêche : tout le monde veut son adaptation d’un succès de consoles de jeux.
Avec émotion, rappelons nous ce magnifique morceau de mauvais goût que fut Streetfighter (qui a eu le mérite de mettre fin à la tentative de carrière ciné de Kylie Minogue). Pleurons devant la malheureuse Angelina Jolie tentant de faire oublier l’unique fantasme des gamers, Lara Croft. Enfin rions devant toutes ses bouses, qui recyclent des jeux qui digérés déjà des films cultes. L’adaptation de jeu vidéo, c’est un peu le serpent qui se mord la queue.
Luc Besson n’avait pas encore son adaptation : c’est chose faite avec Hitman, grand succès où un tueur sans pitié dégomme du gros mafieux et des gars patibulaires. Evidemment tant de poésie ne pouvait donner qu’un film raffiné et malin : Hitman pourrait être Le transporteur 3 et c’est pire.
Réalisé par Xavier Gens, dont on attend toujours son premier film à la réputation sulfureuse (Frontières), Hitman fait du sous John Woo avec des ralentis grotesques et de la musique grandiloquente (ou techno). Ca abîme les yeux. C’est une narration « zapping ». L’action s’enchaîne maladroitement. Cela sent le remontage forcé !
Le film ne s’intéresse jamais au mystère qui entoure cet agent 47 mais à ses agissements spectaculaires. Hélas, comme on a déjà vu ce genre d’exploits dans d’autres films produits par Besson ou dans d’autres séries B, on s’ennuie profondément.
La seule idée qui réveille, c’est l’habituelle belle plante slave imposée par le producteur français. Besson ne peut pas s’empêcher d’imposer une mannequin russe, souvent superbe mais qui joue comme un esturgeon. Ici, elle est aussi mignonne qu’agaçante. Cependant son apparence élancée et parfois androgyne capte un peu l’attention. Mais ne vous inquiétez pas : Hitman est une série B froide, lisse et finalement bien trop propre. Toutes ces explosions pour en arriver à cette conclusion. C’est bien triste !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 28/12/2007