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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Histoires de fantomes chinois

Histoires de fantomes chinois

Ching SIU TUNG

Avec leslie Cheung, Michelle Reis, Jacky Cheung et Wu Ma - HK video seven 7 - 1987, 1990 et 1991

Et ta critique ?




A la fin des années 80, un distributeur a eu la bonne idée de sortir une petite production de HongKong typique: l'originalité du style allait frapper les esprits pour une nouvelle décennie. La trilogie des fantomes chinois sort enfin en coffret! Une très bonne nouvelle.


En 1987, la globalisation et la mondialisation n'étaient pas encore des concepts effrayants pour certains, passionnants pour d'autres. A cette époque, pour découvrir des films asiatiques, il fallait fouiner des endroits louches et malodorants et tomber sur la VHS qui tue: le saint graal était un film de baston made in HongKong.

Car c'était sur la colonie britannique que le cinéma bouillonait. John Woo révolutionnait la mise en scène sous les conseils judicieux de Tsui Hark. Ce producteur fou dynamitait le divertissement et révèlait les talents à coups de films spectaculaires et complètement barrés.

Histoires de fantomes chinois fut sa première production à sortir en France. Réalisé par le faiseur Ching Siu Tung, le film fut un véritable ovni. Déconcertant, le film annonçait pourtant le style qui allait être largement copié dans les années 90 par Hollywood et toutes les industries cinématographiques.

HdFC fut donc le premier exemple du cinéma made in HK. Un cinéma décomplexé, démentiel et original. Tsui Hark et son réalisateur mélangent les genres avec un culot qui apparaît dans une mise en scène que l'on pourrait d'abord juger hystérique.

Mais le second et troisième volets vont montrer que le style n'était pas une erreur déviante mais un langage. Tsui Hark redéfinit tous les artifices et se permet tous les excès.

Les trois films à la suite sont un peu usants. Mais chacun d'entre eux propose un cinéma plein, nourri de son époque, de ses angoisses (nous sommes à l'aube de la retrocession de l'île à la Chine) et de son génie.

Les costumes sont magnifiques. Le lyrisme est omniprésent et l'humour, pas des plus fins, reste attachant. Les comédiens rebondissent avec grâce dans tous les coins de l'écran. Les scènes d'action dépoussièrent les genres visités. Et on n'oublie pas qu'avant Tigres et dragon, il y avait toutes ses séries B désopilantes.

Finalement c'est ce que propose ce coffret: un grand moment de divertissement. Bien entendu, tout cela a vieilli mais reste profondément sympathique par son immaturité, son audace et sa mythologie flamboyante.

Depuis les fantomes chinois ont laissé la place aux fantomes japonais, crispés aux cheveux noirs qui tombent par terre. Le délire n'est vraiment pas le même. Il est nettement plus chatoyant et délirant du coté de HongKong. A (re)découvrir absolument!


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/02/2008