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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

 Hervé Guibert Photographe

Hervé Guibert Photographe

Hervé GUIBERT

Jusqu’au 10 avril 2011 MEP, 5/7 rue de Fourcy ,75004 Paris Tel. : 01 44 78 75 00

Et ta critique ?




Jusqu’au 10 avril, la MEP (Maison européenne de la photographie) accueille  la première rétrospective en France de l'œuvre photographique d'Hervé Guibert, qu’on connaissait davantage comme écrivain.

 

Hervé Guibert est mort le 27 décembre 1991. Il avait 36 ans et derrière lui un passé flamboyant. Hervé Guibert était jeune, beau,  ami ou intime des plus grands, de Michel Foucault à Isabelle Adjani. Chroniqueur à Combats, il fut aussi longtemps critique au Monde où sa plume acérée et son goût sûr étaient des plus appréciés.

 

 

Surtout, Hervé Guibert était connu comme écrivain. Libre, impudique, il fut sans doute le premier – si l’on excepte Jean Genet - à écrire sur l’amour entre hommes  de manière aussi tendre et crue à la fois.  Il frôlait souvent l’exhibitionnisme, considérant d’ailleurs que le narcissisme était nécessaire à la création. S’aimer, s’observer, être soi-même un objet d’attention, un sujet, n’avait pour lui rien de choquant.

 

 

À sa mort, Hervé Guibert a été salué pour son livre À l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie, particulièrement émouvant, qui l’avait rendu célèbre.

 

 

Son passage, le 10 mars 1990, à « Apostrophes », amaigri et fatigué, est resté dans les esprits. Tel un ange déchu, le sublime éphèbe parlait avec courage et lucidité de sa maladie, de ses amants, de la mort.

 

 

C’est après celle-ci qu’on a découvert véritablement son œuvre photographique. Entièrement ou presque réalisée de clichés en noir et blanc à l’aide du Rolei offert par sa mère, il a capté des instants de vie, de création, mais aussi  la mort qui approche les êtres aimés, comme ses tantes Suzanne et Louise, photographiées en cheveux et chemises de nuit. Ou ces jeunes et beaux amants, nus et rieurs au soleil ou insouciants, captés dans leur bain.

 

 

Au total, l’exposition regroupe 230 tirages de l'écrivain photographe, et présente son film, La Pudeur ou L'Impudeur.

 

 

Certes, le travail d’Hervé Guibert « franchit sans effort le passage de l'intime à l'universel », et la photographie devient ici narration.  Mais il peut aussi susciter des interrogations : à  quel moment le narcissisme fait-il place à l'égocentrisme ?  Jusqu’où faut-il montrer l'intime ?

 

 


Marie Léon

© Etat-critique.com - 18/03/2011