Michael Myers a trop fêté Halloween. Freddy Krueger a trop griffé dans la nuit. Jason Voorhees a charcuté de nombreux adolescents libidineux . Mais de tous les monstres de légende du cinéma fantastique, Pinhead est celui qui possède la saga la plus crétine…
Kari Wurher, l’héroïne de cet Hellraiser, ressemble étrangement à Scarlett Johansson. Avec une ou deux décennies de plus. C’est amusant car les deux actrices jouaient mère et fille dans le distrayant Arac Attack. Depuis Scarlett est grimpée au sommet du star système et Kari est descendue dans les entrailles des rayons de video club.
Il faut dire que la comédienne ne joue pas très bien : elle roule des yeux et pousse des petits cris de terreur dès qu’elle rentre dans une pièce nauséabonde. Elle crie souvent car le film est tourné à Bucarest. Le budget restreint exporte donc Pinhead et ses Cénobites dans une vieille Europe à bout de souffle.
Entre deux ladas, Pinhead vit toujours dans son petit cube qui terrorise une bande de punks neo gothiques sortis d’un clip de Mylène Farmer. Ils imaginent avoir la vie éternelle. Manque de bol, ils sont à la merci de Pinhead. On ne peut pas leur en vouloir de ne pas être au courant : la figure cloutée de la saga Hellraiser apparaît trois fois dans le film.
A ce train là, il laissera un message sur un portable dans les prochains films. Le comédien scénariste Doug Bradley n’a plus le physique des premiers films : visiblement il a bien profité du goulash roumain et cela explique les apparitions discrètes de la créature.
Mal filmé, Pinhead est donc une victime de la saga qui s’épuise lourdement. Si les deux premiers films tenaient la route, on observe la fin de filon avec un scénario qui n’apporte rien à la mythologie, des acteurs qui jouent comme des rugbymen de Bucarest, des effets spéciaux qui n’ont pas évolué depuis le premier volet en 1987 et un scénario qui tente de battre le record de la plus lente progression vers le climax.
C’est tellement mauvais que cela en devient amusant. Le réalisateur, Rick Bota, ne sait pas trop quoi faire de ses comédiens et de sa caméra. Donc il tente de créer une ambiance oppressante avec une maladresse confondante et un sens du dialogue qui rivalise avec celui de Max Pecas.
Le premier film etait né d’un fantasme sadomasochiste de l’écrivain anglais Clive Barker. Les autres épisodes font en tout cas très mal et il faut aimer cela pour rester devant…
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 03/04/2008