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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Harry Potter & l'ordre du Phénix

Harry Potter & l'ordre du Phénix

David YATES

Avec Daniel Radcliffe, Imelda Staunton, Emma Watson et Rupert Grint Warner Bros – 11 juillet 2007 – 2h18

Et ta critique ?




Harry Potter n’a pas le moral. Le ministère de la magie ne l’aime pas. Voldemort veut pénétrer son esprit. Son école est dirigée par une inquisitrice habillée en rose. Rien ne va plus dans sa vie d’adolescent et ce mal être hante un cinquième volet divertissant et inconséquent.


Pour la première fois, c’est un novice qui dirige les aventures de l’apprenti magicien. L’anglais David Yates est issu de la télévision et franchement cela se voit. Si Mike Newell et Chris Columbus ne sont pas d’inventifs réalisateurs, Alfuonso Cuaron avait réussi un très bon film avec le troisième épisode.

Là, c’est plat et monotone. Si la photographie est belle, le film est poussif et répétitif. Cependant il faut reconnaître que l’Ordre du Phénix est le livre le plus faible. L’adaptation relevait du pari et réveillait la curiosité. Un cinéaste avec un peu plus de bouteille aurait pu offrir un spectacle plus excitant.

Pourtant il s’en passe des choses dans ce nouveau volet. Harry Potter doit affronter le ministère de la magie, qui refuse d’accepter le retour de Voldemort. Il découvre un groupe de résistance, l’ordre du Phénix, qui lutte contre les magiciens adeptes de la magie noire. Il se mesure à une terrible adversaire, Dolorès Ombrage, sous secrétaire du ministère et nouvelle directrice de Poudlard. Enfin, il commence à avoir des sentiments pour une de ses camarades…

Harry Potter ne chôme pas et pourtant on s’ennuie poliment dans cet épisode. Il ne se passe pas grand-chose. Ca papote dans les décors gothiques de Poudlard. Ca complote. Ca s’espionne et finalement il y a peu d’affrontements magiques ou sensationnels. Le spleen pubère du héros se répand étrangement dans la narration, molle et peu sûre d’elle.

Le film est totalement sauvé par le personnage de Dolorès Ombrage. Interprétée par l’exceptionnelle Imelda Staunton (Vera Drake), cette vieille fille typiquement british, fan d’assiettes au mur et de tenues d’un rose écoeurant, cache un monstre administratif qui fait passer Poudlard pour la ville effrayante de Brazil.

Avec ce personnage, le film révèle un discours intéressant sur l’autoritarisme et surtout sur la réaction des sociétés face au danger, qui bien entendu trouve un écho dans l’actualité. La description n’est pas tendre à l’égard du politique. Harry Potter face au fascisme poli reste la meilleure partie du film.

Autrement, c’est une nouvelle année scolaire, chaotique mais désormais très banale. Le plus amusant dans le film c’est l’accumulation d’excellents comédiens anglais dans des rôles presque anecdotiques. Le film réunit le gratin du cinéma britannique et distribue des rôles plus ou moins intéressants. C’est toujours surprenant de voir des stars se limiter à trois ou quatre minutes de présence à l’écran : c’est le cas pour Emma Thompson, Helena Bonham Carter, Jason Isaacs, Brendan Gleeson, David Thewlis, Robbie Coltrane et même les professeurs installés comme Maggie Smith ou Alan Rickman.

Cette façon de reléguer des talents à une série d’ombres connues agace un peu lorsque l’on voit la frilosité et la pauvreté de la narration. Il y avait tout pour que ce film soit réussi : il se bride à sa fonction de film bulldozer avec obligation de résultat !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 12/07/2007