Méfiez vous de vos voisins ! Méfiez vous de la police ! Méfiez vous de votre piscine ! Bref, restez chez vous. Pas besoin de voir ce petit polar domestique.
Il fut un temps, Neil Labute était un auteur assez apprécié. Ses premiers films ne manquaient pas de mordant et on aimait beaucoup son cynisme assumé et sa haine poli de l’hypocrisie américaine. Mais le dramaturge s’est laissé charmer par Hollywood et depuis c’est la cata !
Que des nanars lourdingues ! Et cela continue avec Harcelés, remake caché et théâtral de Obsession fatale, polar débile avec Ray Liotta et Kurt Russell. Samuel L.Jackson roule donc des yeux pour montrer qu’il est fou. Patrick Wilson (remarquable dans Hard Candy et Little children) les ouvre tout grand pour suggérer son inquiétude. Kerry Washington, elle, sort son épingle du jeu. Elle ne dit pas grand chose.
Elle observe les deux comédiens dans des compositions pour le moins démonstratives. Veuf, père de deux enfants, Samuel L.Jackson joue un policier border line, raciste et bavard. Heureux d’épouser une styliste qui reste à la maison (elle dessine des petits bonhommes avec des baggys toute la journée), Patrick Wilson est un démocrate qui a le défaut de fumer des cigarettes.
Il aime pas le tout sécuritaire, que défend son voisin en uniforme. Leur relation s’envenime et le flic pète doucement les plombs. Neil Labute explique que c’est la solitude qui est responsable. La question raciale se mélange à une guerre de classes sociales. Aux Etats Unis on crêve de nos peurs.
Les frustrations sont nombreuses. Il faut voir la tronche de Jackson lorsqu’il surprend ses voisins s’enlacer dans la piscine (c’est fou tous les emmerdes qui peuvent apparaître avec une piscine). Il fait trop chaud aussi. Il y a même des incendies.
L’accumulation devient ridicule et prolongee inutilement une intrigue molle dont les enjeux ne sont pas très intéressants puisque largement utilisés dans le cinéma hollywoodien. Bref, on s’ennuie face à ce film trop prétentieux. Yen a marre d’être harcelés par les films ratés !
Pierre Loosdregt
© Etat-critique.com - 02/10/2008