Une pochette en noir et blanc. Deux types aussi heureux que des porte-manteaux. Un titre qui propose le bonheur. La New Wave a de nouveaux héros. Ou des rigolos ?
A première vue, Hurts semble dater de la glorieuse époque où Duran Duran, Pet Shop Boys et New Order régnaient sur les charts du Monde entier. Une pochette aussi eighties est difficile à réaliser.
Theo Hutcraft et Adam Anderson sont deux Anglais de Manchester. Une des capitales de la pop. Joy Division et The Smiths sont de la région. Oasis aussi mais pour le duo, le groupe de Noel Gallagher doit être une bande de punks défoncés à la colle.
Pourtant, comme Oasis, Hurts appartient à cette catégorie de groupe issu de la classe ouvrière, sans argent, avec la passion comme unique bouée de sauvetage. Ils y sont donc arrivés: Hurts est un groupe reconnu dont les refrains synthétiques commencent à se promener sur toutes les ondes.
Ils ont la bonne agressivité. De leurs galères, ils ont sorti des chansons faites pour attaquer les marchés de tous les pays. Elles sont entrainantes... pour tout amateur d'hymnes electropop. Car Hurts est une machine à voyager dans le temps. Le bon vieux synthétiseur qui nous faisait danser comme des robots est rebranché et traité avec une avidité plutôt amusante.
Hurts fait dans l'hymne pop. L'emphase ne fait pas peur à ces deux britanniques qui se prennent pour Depeche Mode, qui imiterait Muse. On est donc dans la grandiloquence et l'excès. Au second degré, on parvient au bout de l'album. Autrement, ca peut être compliqué.
Pour les trentenaires, l'expérience est plutôt plaisante car la nostalgie fonctionne mais ne fait pas dans le réchauffé et l'effet facile. Du moins, sur certains morceaux. Pour les plus jeunes, ils seront sensibles aux effets parfois énormes qui pourraient soulever les foules. Hurts a tout de la machine à tubes.
Ca peut agacer mais Hurts parvient à conserver son capital de sympathie grâce à cette grosse envie de réussir qui rappelle les vertus du terroir mancunien. Les artistes n'ont pas peur des traditions, de les embrasser pour mieux ensuite les trahir.