Le premier blockbuster estival de super héros débarque en la personne de Hancock. Assurant un bon divertissement, il déçoit pourtant par un conformisme surprenant.
John Hancock est un individu doté d’une force surhumaine, de la capacité de voler ainsi que d’une résistance à toute épreuve. Le seul élément qui pourrait dépareiller dans ce pitch convenu réside en sa qualité de clochard antipathique. Semant la désolation partout où il passe, il est rapidement jeté au ban de la société. Ce qui, pour un SDF, tient de la paraphrase.
Aidé par un spécialiste des relations publiques paradoxalement idéaliste, l’antihéros autoproclamé va devoir se débarrasser de certains criminels et surtout de sa mauvaise image. S’intégrera, s’intégrera pas, tel est l’enjeu de ce long métrage. Cela aurait pu néanmoins être une ambition intéressante si elle avait abouti à quelque chose.
En effet, le mélange de la marginalité et de la toute-puissance avait de quoi faire rêver au travers des prismes de l’autodérision ou de la critique. Mais les créateurs n’ont pas dû être suffisamment inspirés par leur sujet puisque le concept est vidé de sa substance en moins d’une heure.
Ce n’est pas tant que le film est mauvais, puisque la réalisation est correcte, les effets spéciaux convaincants et la prestation de Will Smith honorable. Il y a simplement de quoi être déçu face aux nombreuses promesses de transgression mythologique non tenues. Il faut croire qu’on ne brise pas ses icônes aussi facilement. Ou la poule aux œufs d’or hollywoodienne qui en découle.
Afin d’être adulé des foules (ce qui est la quintessence du super héros selon le célèbre glissement sémantico-économique), il est nécessaire de rentrer dans un moule. L’abus de cette morale semble dominer et finit par plomber l’ambiance.
Du coup, pour relancer l’intérêt à mi-parcours, le proverbial faux pas se transforme en gadin olympique avec l’introduction d’un personnage dispensable qui est censé amener des réponses à des questions qui auraient mieux fait de rester oubliées.
Le dénouement achève le long-métrage en l’entraînant dans des abysses de conservatisme. Tout aurait pu très mal se terminer, si ce n’était pour un humour qui gagne souvent à faire dans le politiquement incorrect. Dommage que cela ne soit pas assumé jusqu’au bout. Quoi qu’il en soit, même en abandonnant ses ambitions, Hancock reste un très bon film pour l’été. Mais rien de plus.
Super Valat
© Etat-critique.com - 11/07/2008