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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Halloween

Halloween

Rob ZOMBIE

2007 - TF1 video - 1h40

Et ta critique ?




Pour Pâques, on vous offre une bonne tranche saignante d'Halloween revu et corrigé par Rob Zombie, star du cinéma déviant!


Rob Zombie est la nouvelle star du cinéma de genre. Chanteur de rock énervé, Rob Zombie est devenu en deux films, le chouchou des amateurs de séries B. La Maison des 1000 morts et l’épatant The devil’s rejects furent deux ovnis intègres et originaux.

Le cinéaste semble être un artiste sans concession et visiblement il était l’homme providentiel pour relancer la franchise Halloween, initiée en 1978 par le maître John Carpenter. Depuis, le tueur masqué Michael Myers, fut le croque mitaine de films sans grand intérêt sauf si on aime voir mourir des jeunes donzelles et des grands benêts.

Neuvième film sur le monstre le plus célèbre de la contre culture (avec ses amis Freddy Krueger, Jason Voorhees ou Leatherface), le nouveau Halloween est marqué par le style Rob Zombie. A la violence typique du cinéma d’horreur, il oppose une violence plus réaliste et plus dérangeante. Le cinéaste aime que le spectateur déplace son affection vers les monstres que vers les victimes.

Il avait réussi cela avec The devil’s rejects et cela marche assez bien avec Michael Myers. Il filme donc l’enfance de l’assassin. Evidemment c’est un petit gamin à qui la vie ne fait pas de cadeau. Son père est violent. Sa maman tente d’assumer sa vie de famille et son métier de stripteaseuse. Sa sœur le méprise tout comme les autres enfants.

Le petit Michael ne trouve de la tendresse qu’avec sa toute petite sœur. Il prend aussi un malin plaisir à torturer des animaux. Et un beau jour, il s’en prend à un lycéen un peu trop crétin et le massacre. Le soir même, il réserve le même sort à une partie de sa famille.

Obsédé par les masques, Michael grandit dans un asile et suit le traitement de Sam Loomis, médecin passionné par le plus jeune tueur de l’Illinois. Devenu adulte (avec un physique de catcheur), Michael s’échappe pour retourner dans sa ville et retrouver le reste de la famille…

Dans une première partie, Zombie observe la solitude de cette figure graphique et peu psychologique de la série B. Michael Myers, c’est juste une grosse baraque avec un masque inexpressif et un long couteau de cuisine. Les films se résument à une succession souvent mollassonne de meurtres. Comme il est immortel, notre Michael pouvait continuer son triste travail pendant des films et des films.

Zombie amène un peu de pathos à l’ensemble. Le destin du monstre devient pathétique et dérisoire. Il soigne son antihéros. La réalisation est stylisée, nourrie par les vieilles séries B des années 70, un peu crasseuses et sympathiques. Halloween redevient une franchise fréquentable.

Mais hélas, le cinéaste entreprend ensuite de refaire le premier film de Carpenter. La sécheresse du premier laisse la place à l’emphase du second. Cela ne marche pas beaucoup tant les images de Carpenter sont rentrés dans la mémoire collective.

Il donne l’impression d’être mal à l’aise avec le schéma bien connu du public. Il semble s’ennuyer, ce qui est toujours un peu gênant. Cela dit, le film reste d’un niveau correct et amuse par son aspect «fait divers glauque» finalement très troublant. Halloween confirme ce que l’on savait déjà : Rob Zombie a du style ; John Carpenter avait du talent !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 03/04/2010