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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Hairspray

Hairspray

Adam SHANKMAN

Avec John Travolta, Michelle Pfeiffer, Christopher Walken et James Marsden Metropolitan filmexport – 22 août 2007 – 1h45

Et ta critique ?




Moins subversive que la version originale de John Waters, cette comédie musicale a l’immense mérite d’être diablement entraînante et fort bien construite. On oubliera la pseudo lecture moraliste pour se concentrer sur le plaisir plus simple et coupable de ce film.


Je vous parle d’un temps que les moins de quarante ans ne peuvent pas connaître. Dans l’Amérique des années soixante, avant de voir débarquer la vague hippie, on se délectait au son du rock’n’roll en dansant le twist et en oubliant que le président Lincoln avait aboli l’esclavage au début du siècle.

Dans ce contexte ségrégationniste, difficile de s’épanouir dans un pays qui tolère peu les différences. C’est pourquoi Tracy, une lycéenne au physique, disons, hors normes, se languit de ne pas être une star de la danse dans l’émission préférée des jeunes qui passe sur une chaîne de télévision locale de Baltimore. Sur ses (peu) fragiles épaules, le sort de la population afro-américaine, les espoirs de ses parents et amis et son amour pour un Apollon gominé pèsent de tout leur poids.

Si l’empreinte du maître de l’humour crade et acide, John Waters, est absente de ce remake, l’atmosphère du long métrage n’est pas exempte de qualités. On retrouve avec plaisir et dans un registre bon enfant, les couleurs éclatantes et le goût sucré des comédies musicales avec une bonne humeur très communicative. Christopher Walken est toujours un régal de décalage, Michelle Pfeiffer est adorable en blonde peroxydée, garce et xénophobe, et l’ensemble du casting rivalise de fraîcheur à l’écran.

Si le coup marketing (Travolta en femme) est surfait au vu de sa prestation, il n’y a pas de quoi gâcher la fête, rassurez-vous. En restant du côté des petits ratés, la vision altruiste et philanthropique vis-à-vis des populations noires fait doucement soupirer. Il faut croire que les américains doivent encore exorciser l’atrocité des actes racistes qui ont eu lieu dans ces années là. Si l’intention est bonne, la placer dans le contexte idéalisé comme celui-ci donne l’impression de voir un West Side Story sous LSD. Il peut néanmoins y avoir des amateurs.

Reste des chansons au rythme entraînant et aux textes percutants, des petites trouvailles scénaristiques excellentes, un humour de qualité et une réalisation presque parfaite qui ne tolère qu’un seul temps mort (vous le reconnaîtrez, croyez-moi). Vraiment pas de quoi se plaindre, à moins de chercher un chef d’œuvre du genre, ce qui n’est pas l’ambition ici. Et quand on a l’humilité de faire un film divertissant qui remplit parfaitement son office, autant savourer le travail accompli.

Hairspray ne changera pas votre vie, ne servira pas de documentaire sur la société américaine des années soixante et ne remportera pas d’Oscar, mais si vous réussissez à vous ennuyer, alors là, on ne peut vraiment plus rien pour vous.


Vincent Valat

© Etat-critique.com - 24/08/2007