Après l’immense succès de Titeuf devenu l’icône d’une génération d’enfants, Zep s’attaque à l’Ado, ce djeune hormoné en quête de filles… Robert, son héros, cherche en vain à rouler des pelles mais prend souvent des râteaux.
Zep assume : « la séxualité m’intéresse plus que le foot ». Les interrogations naïves sur le monde des adultes de Titeuf ont séduit un large public qui a plébiscité la série, propulsant rapidement celle-ci sur nos ondes cathodiques. Zep remet le couvert en s’attaquant à l’adolescence. Si Zep ne peut plus fonder son humour sur la naïveté de l’âge, Robert, devrait déclencher de bons rires chez les ados masculins qui reconnaîtront toutes les galères propres à la croissance exponentielle hormonale…
Du point blanc traqué à l’usage du préservatif, des frustrations aux rivalités masculines en passant par les gestes fantasmés, Zep passe en revue tous les « points noirs » de l’âge. Avec des planches décomposées en six vignettes, les gags s’enchaînent privilégiant souvent les fantasmes de l’ado qui analyse et interprète chaque mot, chaque geste de la fille convoitée.
On se retrouve alors avec des inserts-cartouches racontant sur le mode autobiographique les pensées de Robert sublimant la réalité et les filles. Plus de la moitié des planches porte le prénom d’une fille en titre, de Loriane à Marie-Paule.
La bande-dessinée à destination des ados devrait donc faire des ravages même si la chute des gags est moins puissante que chez Titeuf. Pour notre part, on regrettera la platitude du trait de Robert, adolescent passe-partout à l’identité un peu plate qui laisse la thématique prendre le dessus sur le personnage. On est loin du Titeuf provocateur et moteur de l’action. Robert subit le thème et manque sérieusement de folie. Les variations d’hormones et la recherche d’identité qui font de l’ado une bombe à retardement sont passées sous silence…Dommage.
Qu’importe, les adolescentes pourront prendre cette bd pour un documentaire sur le fonctionnement hormonal des garçons et comprendre ainsi ce qui se cache sous l’ado shooté par des hormones en surdose. Les garçons complexés pourront rire de ce looser qui pourrait bien agir comme un révélateur et leur permettre de relativiser leurs fantasmes. Toute l’adolescence devrait y trouver son compte. L’objectif est clair et atteint : à offrir aux ados… !
PS : fans de Zep, si vous avez chez vous Les Filles électriques édité chez Dupuis, n'achetez pas celui-ci, c'est une réedition même pas augmentée... Ca sent la compét. d'éditeurs... Pas con le ZEP...
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 19/06/2010