Plus de temps à perdre : derniers jours de l'exposition Gustave Courbet aux Galeries Nationales du Grand Palais à Paris !
Alors que la mode de son époque est aux fresques mythologiques, Gustave Courbet (1819-1877) peint ce qu'il connaît : sa propre personne (la série d'autoportraits de la 1ère salle est époustouflante), son pays (la Franche Comté car, bien que résidant à Paris, l'artiste ne prend pas part à la vie mondaine de la capitale), la chasse (dont il raffole), les femmes (ses conquêtes furent nombreuses)...
Le seul sujet qu'il maîtrise particulièrement et dont il ne traite pas directement est la politique. Courbet se définissait comme un peintre Réaliste. Son œuvre fascine car elle met le quotidien, le vulgaire, le trivial aux dimensions habituellement réservées aux grandes figures ou aux épopées historiques. Courbet démontre ainsi à quel point la vie des gens ordinaires est digne du plus grand intérêt. Peut-être est-ce là la volonté d'un socialiste, un "Républicain de naissance" comme il se qualifiait lui-même, de rendre hommage au Peuple (pour qui il prendra d'ailleurs fait et cause pendant la Commune).
Les toiles des premières années jouent sur l'ombre et la lumière et l'on sent une influence de, une référence à, Rembrandt. Le peintre ne se cantonne cependant pas aux scènes d'intérieur puisqu'il consacre de nombreuses toiles à la mer ("La Vague", "Etretat") ainsi qu'à la vie campagnarde (nombreuses et impressionnantes scènes de chasse, magnifique "Chêne de Vercingétorix", paysages agrestes).
L'exposition - qui regroupe pas moins de 120 peintures et qui draine une foule à la mesure de sa démesure - est bien faite : les salles grandes et aérées permettent aux nombreux visiteurs de trouver leur place et les murs peints en sombre mettent bien les œuvres en valeur. Seule la "L'origine du monde" réside dans une alcôve où l'espace se réduit, favorisant la promiscuité entre les spectateurs.
De la grande galerie des (auto)portraits au final animal consacré aux scènes de chasses, en passant par les magnifiques grands formats ("Enterrement à Ornans"), la rétrospective Courbet est une exposition majeure qui vaut le détour. Ceux qui ne pourront pas se rendre au Grand Palais avant le 28/01/2008 pourront toujours la voir à New York (au Metropolitan Museum du 25/02/2008 au 18/05/2008) ou à Montpellier (au Musée Fabre, fraîchement rénové, du 16/06/2008 au 28/09/2008).
http://www.rmn.fr/Gustave-Courbet,4
Thibault Dablemont
© Etat-critique.com - 14/01/2008