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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Gremlins

Gremlins

Joe DANTE

Zach Galligan, Phoebe Cates, Dick Miller et Corey Feldman - Warner - 1984

Et ta critique ?




On continue de suivre la carrière du Spielberg subversif du cinéma hollywoodien: le sympathique Joe Dante. Avec Gremlins il pervertit avec une gentillesse narquoise tout le système hollywoodien.


Gremlins reste le plus grand succès de Joe Dante. Ce dernier s'est fait une vraie place à Hollywood après le succès de Piranhas puis de Hurlements en 1981. Dans ce film, il rend un hommage plus que réussi aux films de loups garous et semble avoir pris beaucoup de plaisir à faire ressortir l'aspect sexuel du mythe.

Joe Dante est comme ça. Il ne peut pas s'empêcher de titiller le spectateur, s'adresser à son intelligence plutôt qu'à son émotivité. En tout cas, l'homme rejoint l'armée de Steven Spielberg qui forme la compagnie Amblin (on y trouve Chris Colombus ou Robert Zemeckis).

Il se consacre alors à Gremlins, petite comédie d'horreur où une ville est envahi par des petites créatures teigneuses.  Le thème n'est pas nouveau mais Dante a l'idée de transformer les monstres en véritables punks.

Tout vient de Gizmo, adorable animal chinois. Il met au monde des bestioles affreuses et destructrices. On peut y voir une métaphore sur les rapports entre Spielberg, le gentil réalisateur (il vient de sortir ET) et Dante, provocateur poli.

Car ses Gremlins vont saccager l'american way of life. Les monstres vont s'en prendre à tous les symboles de l'Amérique triomphante. A commencer par le cinéma et une parodie géniale de Blanche Neige et les 7 nains.

Bourré de références aux séries d'antan, le film est une comédie qui n'oublie pas de faire peur et on est toujours surpris par la violence qui disparaîtra dans la suite complètement folle que réalisera Dante quelques années plus tard.

Il y a quelque chose de sombre dans Gremlins. Les personnages sont traumatisés ou fauchés. Les seconds rôles sont plutôt inquiétants. La période de Noel est tristounette. La famille, élément fondateur de l'Amérique, est malmené dans le film. La ville n'avait pas besoin de créatures belliqueuses pour aller mal.

L'air de rien, Joe Dante démonte la vision qu'Hollywood aime donner de ses contemporains. Son film n'est pas gentil et mignon comme Gizmo. Il est vilain comme un Gremlins. C'est à cause de cette ambigüité qu'il restera dans toutes les mémoires et tous les coeurs!



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 20/07/2010