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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Greenzone

Greenzone

Paul GREENGRASS

Avec Matt Damon, Amy Ryan, Greg Kinnear et Jason Isaacs - Studiocanal - 14 avril 2010 - 1h50

Et ta critique ?




Dans une zone de non droit, se découvre une zone de non vu! Ca gache un peu le spectacle!


Paul Greengrass a une méthode de réalisation. Il filme comme un documentaire. Caméra à l'épaule, les points de vue se multiplient et il place le spectateur au coeur de l'action, de la fiction ou de la polémique.

Sunday bloody sunday ou Vol 93 abordent des sujets graves avec un réalisme froid et grisant. La mort et la vengeance dans la peau sont deux beaux films d'action amers et secouants!

Greenzone mélange les deux genres: il y a un sujet d'actu et de l'action en pagaille. Matt Damon, en deuil de Jason Bourne, est un commandant chargé de rechercher les armes de destruction massive à Bagdad en 2003.

Très vite, il se rend compte qu'il n'y a rien sur place et que les représentants du gouvernement cachent de vilaines combines. A l'occasion d'une intervention dans la ville, il a l'occasion de faire la lumière sur cette affaire...

Démarre alors une course poursuite dans une ville tombant dans le chaos le plus total. Si Matt Damon met la main sur un général irakien, il a la preuve que c'est le gouvernement américain qui a provoqué cette guerre opportuniste.

Paul Greengrass ne révèle pas grand chose sur la manipulation scandaleuse. Il filme avec son énergie habituelle la prise de conscience d'un militaire, malmené par la guerre entre la CIA et le gouvernement. Comme Clooney, Matt Damon taquine cette triste époque dans un film assez spectaculaire.

Dans sa première partie, le film nous fait découvrir l'anarchie qui a traversé l'Irak avec l'arrivée des marines. Avec sa mise en scène coriace, les coins de rue font peur. Les regards sont appuyés. Le moindre geste dans un milieu hostile devient essentiel. C'est passionnant.

Comme dans un jeu vidéo, on évolue dans un univers convulsif et violent. On ressent la solitude du soldat en territoire ennemi. Greengrass a compris les médias et se sert d'eux pour régler quelques comptes politiques complètement justifiables.

Hélas, la méthode découvre des limites dans une dernière partie crépusculaire, illisible et fatigante. A force de courir derrière le héros, le spectateur est usé par le long gunfight final, en pleine nuit, où on ne sait plus trop qui est qui. On n'y comprend plus grand chose. C'est raté et c'est dommage.

Cependant un film d'action avec une conscience politique (certes correct mais politique tout de même), c'est assez inhabituel donc conseillé.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 05/05/2010