Après trois albums power-pop et quelques tubes en poche, le groupe suédois le plus talentueux de sa génération décide de changer radicalement son style musical. Pour le plus grand bien de nos oreilles .
Album psychédélique, album mature, album puissant, voici "Gran turismo".
Album psychédélique de par ses ambiances noires, voire morbides, mais néanmoins finement ciselées par ses mélodies acérées, puissantes. Guitares acérées, batterie pressante, basse lourde, tout est réuni pour former un disque aussi noir que l'est "Gran turismo".
Album mature, car il marque le changement de direction que prend le groupe avec cet opus : habitué des pamphlets pop gentillets, le groupe semble vouloir tourner la page et faire quelque chose de différent, loin des innocentes chansons de leurs débuts, de leurs premiers succès. Premiers succès chèrement payés d’ailleurs, puisque les critiques de l'époque les ont fait passer pour un groupe totalement dénué d'intérêt. Dans cette situation, autant vous dire que votre fierté de musicien en prend un coup. Alors pour sauver l'honneur et montrer de quoi on est capable, on crée la beauté noire qu'est "Gran turismo".
Album puissant, car résolument rock. Peter Svensson, guitariste et créateur des mélodies du groupe, semble avoir pris le taureau par les cornes, et être bien décidé à dompter la terrible bête qu'est le rock'n’roll. Avec le talent qui l'habite, il réussit un cocktail détonnant de trip-hop et de rock, et, par la même occasion, deux gros tubes : My favourite game et Erase/Rewind. Si le premier déploie des guitares acérées de tous côtés et des synthés agressifs pour former une véritable bombe rock, le second détonne par son ambiance malsaine, et son refrain mélancolique. Avec Do you believe, ces deux titres résument parfaitement ce somptueux disque.
Album des sombres pensées, "Gran turismo" n'en reste pas moins un opus réussi, et qui se vendra à plus de cinq millions d'exemplaires.
Plus qu'un disque, c'est carrément une révolution dans le genre des Cardigans, qui amènera au très bon "Long gone before daylight" et surtout au sublime "Super extra gravity".