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Mercredi 23 Mai 2012Livre

 Gioconda

Gioconda

Nikos KOKANTZIS

Editions de l'Aube - Traduit du grec par Michel Volkovitch - 130 pages

Et ta critique ?




Livre unique car seule œuvre publiée par son auteur et parce que chaque paragraphe vous vrille le cœur. Bouleversant.


Etoile filante dans l’univers des lettres, Gioconda est le seul récit écrit et publié par Nikos Kokantzis en 1975. A peine 120 pages, une narration concentrée allant à l’essentiel, emportant le lecteur dans une histoire où chaque mot, chaque phrase compte.

Gioconda, tel est le prénom de la jeune fille de confession juive qui habite avec sa famille en face de la maison du jeune Nikos, à Salonique. Les deux familles sont amies et les enfants jouent ensemble jusqu’à ce qu’ils découvrent d’autres jeux allant de pair avec l’adolescence.

Gioconda et sa famille seront déportés en camp de concentration et disparaitront à jamais. Nikos Kokantzis n’aura plus que sa mémoire pour faire revivre celle qui fut son premier et parfait amour, et avec qui il connut l’union du corps et de l’âme.

Quand une œuvre est largement au-dessus de la moyenne et qu’une écriture sèche et concise vous transporte au cœur de l’existence, le critique littéraire n’a plus grand chose à dire. Il ne peut que balbutier et recommander une lecture dont il sait qu’elle bouleversera tout lecteur normalement constitué.

On a rarement aussi bien raconté le premier amour, la découverte de la sensualité et la perte de tout cela. Un autre point admirable est la capacité de Kokantzis à décrire le réel et à le transformer en fantastique.

Ce livre fait partie des étoiles filantes de la littérature. Un auteur concentrant son talent dans des pages essentielles. On pense également à L’amant de Marguerite Duras qui avait le même talent de raconter son histoire en nous faisant revivre la notre.

Tristan et Iseult commence ainsi : "Seigneur voulez-vous entendre une histoire d’amour et de mort ?" Gioconda reprend les thèmes d’Eros et de Thanatos. Aimer, cela peut autant signifier trouver que perdre.


Philippe Sendek

© Etat-critique.com - 11/12/2008