RSS - Les dernières actualités RSS - Les dernières news Réalisé par Agence Web Conseil - Little Big Studio RETOUR A L'ACCUEIL - QUI SOMMES NOUS - RECRUTEMENT - CONTACT

Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Ghost Days

Ghost Days

Syd MATTERS

(Bellevue, 2008)

Et ta critique ?




Plus abouti mais aussi plus personnel encore que ses prédécesseurs, le nouvel album de Syd Matters nous invite à une longue plongée introspective qui pourra, selon les humeurs et les circonstances, tour à tour agacer ou envoûter.

Voilà un bien étrange album que ce Ghost Days. Disque d’athmosphère, disque de circonstance, longue aventure intérieure et mélancolique, retour vers la matrice maternelle et l’innocence à jamais perdue.

Syd Matters, nous dit le dossier de presse, l’a conçu seul dans son appartement, retiré du monde, jusqu’à ce que jours et nuits se suivent et se confondent. D’où le titre. Ghost Days.

Et d’où cet album exigeant, entier, qui demande une écoute attentive, solitaire, si possible au casque. Un album qui ne survit pas par exemple au baladeur, à la rue, le moindre bruit de voiture venant ruiner cet ouvrage délicat.

Le premier titre, « Everything Else », offrira aux habitués une transition idéale d’avec le précédent effort, grâce à sa belle mélodie, peut-être la plus accrocheuse de l’album. Arpèges de guitare folk, touches de claviers aériens, sur lesquelles viennent se greffer plusieurs strates d’instruments  et de chœurs, telle est  la Syd Matters’ touch ; et au mileu, cette voix mélancolique, murmurée, mixée parfois un peu en arrière, qui rappelle Thom Yorke, à qui Syd a aussi emprunté le goût du bidouillage sonore.

Ensuite,  Ghost Days s’installe, suite de morceaux plus ou moins longs, brumeux, toujours sur le même mode, lent et contemplatif.

Syd Matters y exprime le quotidien de la génération indie, celle d’une middle class aisée et désoeuvrée, génération d’enfants protégés qui ont du mal à venir au monde réel et se cherchent leur île déserte intérieure.

Difficile, même après plusieurs écoutes, de distinguer tel ou tel morceau. Il faut plutôt parler de moments, comme dans un film, et de ce point de vue, l’album réussit quelque chose. A être un long voyage parfois envoûtant, parfois un brin ennuyeux, à être un comme un paysage défilant derrière une vitre en mouvement, comme des silhouettes émergeant du brouillard.

Mais un disque qui de manière insistante, nous appelle, nous invite à plonger en lui et à s’y blottir. Si l’on résiste, on le trouvera long,             on trouvera que Syd se traîne, en fait des caisses, alourdit ses chansons par ses constants trifouillages dans la boîte à arrangements.

Si l’on cède, on trouvera ça beau, mélodique ensorcelant, profond comme le chant des sirènes. Il suffit d’en avoir l’ envie et l’humeur.

Mais est-ce bien raisonnable ?


Nicolas Lejeune

© Etat-critique.com - 11/04/2008