Préparez vos oreilles car No one is innocent revient avec un Kémar en grande forme ! Alors que l’ambiance générale est surtout à la pop côté rock et que le vent de la contestation semble réservé aux seuls rappeurs ou slameurs, voici un album qui assume pleinement ses origines rock. A l’abri des modes, Kémar et son groupe se tournent volontairement vers un rock agressif, qui sent bon l’électricité et l’ampli.
Voix grave et timbre écrasé, Kémar s’est entouré entre autres d’Emmanuel De Arriba aux paroles et du duo Shanka / K-mille aux compositions. K-mille ? Un musicien de talent travaillant notamment avec R-wan, Winston Mc Anuff, Lazar Perry, UHT… et surtout déjà présent sur Revolution.com - l’album de 2004 des No one is innocent - tout comme Shanka, multi instrumentiste, guitariste de formation à l’avenir plus que prometteur avec ses furieux shreds. Ici, pas de doute, ça a bossé en studio ! Dans les couloirs, on raconte qu’Olivier Lude (compère de -M- ) serait même passé par là pour mettre la main à la pâte et pousser le groupe à repartir de plus belle. C’est chose faite !
L’album s’ouvre avec Liar (machine à rêver), un titre au rythme répétitif alterné de chœurs et de guitares hurlantes pour nous ramener à la réalité des mensonges. Le réveil de No one is innocent se fait dans la révolte et la colère : « you’re liar ». Avec un arrangement au sitar qui sonne oriental mais pas moins rock, Gazoline, qui donne son titre à l’album, nous alerte sur la jungle du désert et des ballets diplomatiques prêts à tout pour nourrir les limousines. Les hosties et les eaux bénites en prennent aussi pour leur compte avec Je ne crois pas. En voix souterraine et en retenue, Kémar bouillonne. Les paroles fusent !
Si l’album sonne très rock et est aromatisé au métal, Salut l’artiste, à la cadence plus groove, laisse entendre des paroles et un gimmick que pourraient bien enviés les Wampas et leur Chirac en prison ! "tour à tour équilibriste, et maître illusionniste, acrobate, mais sans risque, et même contorsionniste, sait jouer le jongleur de promesses, lanceur de couteau, mais jamais les yeux bandés, pour mieux cibler le dos." L’ensemble musical est tellement bien ficelé qu’on regretterait presque qu’il soit dédié au Serre-louches de la 5ème république…
En citoyen du monde, Kémar averti. La peur, avec un début électro puis des arpèges électro-acoustiques, insiste sur le climat des élections présidentielles et sur les tensions qui se dessinent. « Voter nuit gravement aux sales idées » est inscrit en lettre orange sur leur site Internet « Ca va être dur mais je sais déjà ceux qui n’auront pas ma voix » chante Kémar. Quant au morceau Les mêmes idées, la même erreur, il fait entendre des guitares acérées qui braillent et décoiffent. La guitare électro acoustique, elle, rythme L’amour de la haine pour mieux s’effacer sur les derniers mots du titre : « ton passé » . Enfin, un flow proche du hip-hop s'empare de Laisse-toi aller pour cloturer l'album.
Pour ce 4ème disque, No one is innocent laisse donc entendre en toute liberté un bon mélange de métal, d’électricité parsemée de quelques influences électro et des arrangements de qualité. Le tout enrobé de textes politisés mordants. Voilà un album qui ne devrait pas tarder à faire parler de lui. De quoi remettre les pendules à l’heure et rester vigilant. Une bonne bouffée d’oxygène pour le rock français !
No one is innocent est en tournée à partir d’avril 2007. Dates des tournées et actualité sur leur site : http://nooneisinnocent.artistes.universalmusic.fr/