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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Garage

Garage

Lenny ABRAHAMSON

Avec Pat Short, Conor Ryan, Anne-Marie Duff et Jason Nelligan - MK2 Diffusion - 9 janvier 2007 - 1h32

Et ta critique ?




Garage est un beau film. L'histoire touchante (mais pas sentimentaliste) d'un type simple qui vit dans une Irlande miséreuse où il affronte bravement la solitude.


Josie est un bon gars.  Simple, voire simplet. Il fait consciencieusement son job de pompiste dans une station miteuse à moitié délabrée où passent de rares clients.  Ses seules distractions sont les courses (à l'épicerie où il en pince pour Carmel, la vendeuse) et le pub où l'on va pour ne pas mourir d'ennui (et même si les gars du bar le moquent parfois rudement).

"You're a great man Josie", comme lui dit souvent son patron. Il est vrai que Josie a bon fond, même s'il est un peu mal à l'aise dans ses rapports avec les autres, même s'il parle peu. Il est tellement gentil qu'il est capable de dire à une personne au fond du gouffre qu'elle a bonne mine !

Visuellement, le film est très sobre. Pas de fioritures ni dans les mouvements de caméra ni dans les décors : le film repose quasi-entièrement sur le très touchant Pat Shortt (Josie à l'écran) que Lenny Abrahamson (le réalisateur) filme souvent de dos, assis face à l'horizon. L'image de l'Irlande n'est pas celle habituellement véhiculée, avec ses magnifiques paysages à la beauté sauvages : ici, tout (ou presque) est gris, sâle et morne. Les intérieurs sont miteux, les gens gratuitement cruels et les gamins n'ont que la voie de chemin de fer pour aller traîner.

La vie passe, doucement, et Josie ne semble pas en exiger grand-chose. Du moins jusqu'à ce qu'on lui accole un stagiaire : un jeune gars de 15 ans, moustache duveteuse sur la lèvre, le cheveu gras et parole rare. Ils s'apprivoisent, lentement, en buvant quelques bières après le boulot ; Josie prend alors conscience de sa solitude et se prend (et nous avec lui) doucement à rêver d'y remédier. Le personnage gagne alors en épaisseur et témoigne d'une profondeur sensible.

Un film beau, fort, complexe, et surprenant.


Thibault Dablemont

© Etat-critique.com - 18/01/2008