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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Ga ga ga ga ga

Ga ga ga ga ga

SPOON

(Epitah – 2007)

Et ta critique ?




Inconnu en France, Spoon ne trouve même plus les mots pour titrer leur nouveau disque. Ce sixième opus est pourtant une grande réussite de rock indé, accessible à tous. Comme Wilco, Spoon préfère soigner ses disques plutôt que son charisme.

Spoon a une écriture enthousiasmante. Depuis quatorze années, ces Texans brodent des albums remarqués et remarquables : un mélange habile de sons undrerground et mélodies imparables.

Les membres apparaissent comme des lointains cousins de Cake, Wilco ou Rem. Sans grand soutien média, Spoon s’obstine dans son style et semble enfin armé pour connaître un succès plus conséquent et largement mérité (le disque s’est bien classé dans le billboard).

La première chanson hypnotise par une guitare délicieusement libérée et un chanteur qui ne voudrait pas devenir une cible. Peut être aimerait il ne pas se faire massacrer par la presse ou les radios qui n’ont pas souvent aidé le groupe ?

Le second titre s’écarte du rock électrique pour un instant élégiaque où le piano prend de l’ampleur et s’imposera tout le long du disque sans trop en faire. La suite s’enchaîne dans une joyeuse ambiance. Les angoisses de la première chanson ne sont qu’un leurre. On entend des cuivres capricieux, des basses joliment funky et des guitares acoustiques très américaines.

Les morceaux sont redoutables. Vos jambes ne cessent de battre le rythme, assez variant mais toujours irrésistible. Le groupe a eu la bonne idée de faire dans la simplicité. Les dix nouvelles chansons ne débordent pas de bravoure et de roublardise. Les auteurs soignent avec humilité un style malicieux, défendu par des inconnus qui ne doivent plus l’être.

Il est facile de penser la musique de Spoon comme minimaliste (Ga ga ga ga ga dure 32 minutes) mais dès la seconde écoute, les arrangements se montrent plus complexes et d’une richesse rare. Elle est la source du plaisir que procure ce genre de disque d’apparence obscur et trop yankee pour nos oreilles européennes.

Moins intellectuel qu’un Sufjan Stevens mais plus abordable musicalement, Spoon risque de rester dans les ténèbres de l’actualité musicale. A la petite cuillère, il est nécessaire de creuser pour découvrir ce disque chaleureux et ce groupe vraiment réjouissant.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 27/08/2007