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Jeudi 23 Février 2012Art-scène

 Fureur

Fureur

Victor HAÏM

àpartir du 12 janvier 2011, du mercredi au samedi à 19h, dimanche à 15h Soyez "les premiers aux premières" : places à 12,50 € jusqu'au 19 janvier inclus ! Location et renseignements: 01 42 93 13 04 Théâtre Petit Hébertot

Les commentaires

dommage

Le 16/01/2011

beau texte mais on regrettera qu'Haïm n'ait pas appris par coeur son texte pour donner une interprétation magistrale. Le texte ressemble malheureusement plus à une lecture en scène qu'à une pièce théâtrale. c'est pourtant le b.a.-ba me semble-t-il...

Et ta critique ?




 

Victor Haïm se met en scène en chef d’orchestre dans un texte de sa composition. Une partition de mots pour un pamphlet sur l’aigreur et les abominables plaies de l'imagination.

 


La tête dans sa chemise Mao rouge, Victor Haïm singe l’humanité. Une humanité vénale qui s’intéresse de trop près à cet argent qui l’aide à être vulgaire, une humanité qui vit dans des relations de maître esclave, avec une libido latente. Lui, ce soir, est chef d’orchestre durant une heure. Seul en scène derrière son pupitre de contreplaqué, il apprend que 149 musiciens de ses 150 ont voté sa démission. L’heure est au règlement de compte et au bilan.

Un monologue joliment écrit en découle. Haïm aime l’injure. Une injure de Sganarelle utilisant adjectifs et mots rares, désuets. Une dentelle pour les mots. Une injure de non sens qui flirte avec la délicatesse et l’excès de politesse. Une logorrhée sur la tyrannie des mots et de l’imagination (« Quelle abominable plaie, l’imagination ! »). Les musiciens, « cette confédération de crécelles », en prennent pour leur compte. Eux, qui devraient être capables de produire des notes qui sentent le hashich, ne sont que des bons à rien incapables de comprendre Beethoven. En bon tyran, le chef d’orchestre se fait rapidement appelé fürher. La colère, l’exigence, l’aigreur feront le reste. "On est plus souvent sanctionné par l’aigreur que par la justice". L’orchestre a fini par se rebeller.

Victor Haïm écrit un texte saignant découpé au couteau qui épingle les clichés sur le judaïsme et crache sur une civilisation capitaliste et un argent qui mène si souvent à la bêtise. « Au nom du pèze, du fric, et du saint trafic, ramène ! » Le texte n’est pas à mettre entre toutes les oreilles. Une oreille avertie en vaut deux.

Entre ces mots à la dérive, les amours restent un échappatoire inévitable face à l'aliénation d'un réel trop pesant et un héritage familial omniprésent. « vos mamans n’ont pas tué leur mari mais vous ont mis au monde, c’est pire ». Alors on rêve avec lui de cette flûtiste inaccessible. Cette « femme qui joue juste. Jamais une note au-dessus de l’autre »…

Victor Haïm termine en citant Freud « le bonheur n’est pas une valeur culturelle »…comme pour rappeler cette lutte permanente entre assujettissement au travail et instinct naturel. On rit, on grince des dents dans la salle. Les cocottes embourgeoisées assises au premier rang regardent leur mari pour savoir que comprendre et s'il est autorisé de rire. Le spectacle est dans la salle à Hébertot.

Le masque de Victor effraie et le texte fait mouche. "la vengeance est un plat qui se mange surgelé !"

http://www.petithebertot.fr/


Sébastien Mounié

© Etat-critique.com - 14/01/2011