On est certes un peu à la bourre mais voilà bien un album de Noël qui sort un peu de l'ordinaire. Les anges ont la gueule de bois et c'est tant mieux !
La voix de Tom Smith vient d'outre tombe. Elle est d'une tristesse incroyable. Elle force une admiration et surtout elle touche au plus profond de nous. Avant de tomber dans la cold wave ridicule, The Editors a bien profité de ce chanteur sombre et dandy.
Le bonhomme abandonne l'ambiance post punk glacée pour se déguiser en archange de Noël. Un drôle d'idée qu'il a avec le batteur de Razorlight, Andy Burrows. Mais après tout, même les chanteurs malheureux peuvent fêter la fin de l'année.
C'est de cette manière que l'on retrouve le grand chanteur qu'est Tom Smith. Il abandonne les tics des Editors pour une musique lyrique qui pourrait appartenir aux partitions symphoniques d'un Neil Hannon (Divine Comedy) ou Damon Gough (Badly Drawn Boy).
Tom Smith et Andy Burrows n'ont pas encore envie de rigoler. Leur Noël ressemble à une cuite avec Lou Reed mais aussi Brian Wilson. Le sens de la mélodie prend le dessus sur la tristesse qui subsiste dans le chant particulier du duo.
Pour une fois, les chants de Noël échappent au kitsch, au lounge ou au vintage. C'est une vraie réinterprétation et le duo fait preuve d'une humeur maussade mais aussi d'un lyrisme assez envoutant comme sait le faire le Britannique, champion de la pop. D'ailleurs les anges au look bizarre invitent l'une des révélations lumineuses de l'année, Agnes Obel qui s'y connait aussi en matière de mélopées joliment troussées.
Entre les reprises - excellent Wonderful Life de Black - et quelques compositions originales, les deux hommes prennent le temps d'éviter les conventions en se laissant aspirer par des tons folks, boisés et rustiques.
La mélancolie a vraiment du bon et on est ravi de retrouver un chanteur qui mérite mieux qu'un synthétiseur et une petite mine du matin...