Joli bouquet de ritournelles tristes, le nouveau disque d'Emilie Simon s'adresse au coeur avec une finesse rare.
C'est un disque sombre. Après la disparition de son petit ami, Emilie Simon a écrit quelques chansons pour et sur son amoureux. Elle voulait les garder pour elle. En travaillant sur la musique du film "La Délicatesse" (le thème du deuil est présent aussi), elle veut bien les partager. Tant mieux pour nous.
Les quelques notes du début pourraient sortir d'un film d'animation de Hayao Myiazaki ("Totoro", "Princesse Mononoke"): elles imposent une fausse légèreté et une malicieuse introspection. Comme dans les films Ghilbi: la candeur cache une vérité.
Ici, la jeune femme soigne sa douleur avec des mots et des notes de musique. Elle s'empare de sa tristesse pour façonner quelque chose de joyeux et d'apparence resplendissante. On admire rapidement son courage car effectivement les premières minutes du disque sont remarquables. On regrettera une fois de plus ses imitations de Kate Bush mais on reconnait tout de même l'artiste assez exemplaire qui travaille son style personnel depuis une dizaine d'années bientôt. En se livrant, elle délaisse un peu sa lourde référence.
Il y a un entrain incroyable et Emilie Simon conjure le mauvais sort avec une grâce lumineuse. Ce disque est marqué par le deuil mais il scintille d'une envie de vivre et d'aimer (la musique). Rarement des chansons imposent autant de sentiments.
Elle gambade dans son imagination et dans ses souvenirs pour rappeler l'essence de son amour et l'importance de sa relation avec Franky Knight. Entre l'anglais et le français, la jeune femme se raconte avec poésie et beaucoup d'énergie. Facilement, on partage ses émotions, aigres douces.
Cette fois ci l'électro pop ne vire pas à la démonstration hype. C'est un disque tout en équilibre où l'artifice soutient le frisson. Ce sont des chansons d'amour, romantiques, exaltées et toujours originales.
En une trentaine de minutes, on a envie d'être amoureux, d'en souffrir, d'en jouir et d'en vivre.