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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Frangins malgré eux

Frangins malgré eux

Adam MCKAY

Avec Will Ferrell, John C.Reilly, Richard Jenkins et Sony pictures - 19 novembre 2008 - 1h38

Et ta critique ?




Il ne perce toujours pas sur le marché français mais Will Ferrell fait des efforts colossaux dans l’humour trash et bien débile. Cette fois ci, il se surpasse !


Tous ses films sont bradés par les distributeurs hexagonaux. Will Ferrell est une star en Amérique. Son humour doucement crétin le fait grimper tout en haut du box office. Depuis Ricky Bobby, roi du circuit (sorti directement en vidéo chez nous) le comique se vautre dans des comédies idiotes mais corrosives.

Après l’échec de Semi Pro, Will Ferrell revient aux bases : de la débilité et de la provocation. Il retrouve son vieux complice, le massif John C.Reilly. Ensemble, ils retombent au stade anal et aux crises adolescentes.

Brennan et Dale sont deux vieux garçons, qui ne veulent pas sortir du foyer. La mère de Brennan et le père de Dale ont un coup de foudre et s’installent ensemble. Les deux ados attardés de 40 ans doivent vivre ensemble. La cohabitation s’annonce difficile.

Si vous n’êtes pas préparés à l’humour de Will Ferrell, Frangins malgré eux pourrait se révéler périlleux. Attendez vous donc à un volonté forte de bravades bien lourdingues. Aidé à la production par le nouveau pape de l’humour yankee, Judd Apatow (40 ans toujours puceau), Will Ferrell joue l’adolescent capricieux dans toute son horreur. Son camarade fait pareil, voir pire et le duo donne du sens au mot régression.

C’est aussi une excuse à une douce subversion. Depuis qu’il est la tête d’affiche de comédies, Ferrell fustige l’hypocrisie et la bêtise de l’american way of life. La vulgarité du succès, l’individualisme forcené, la dictature de la famille ou l’américanisme grandiloquent, voilà quelques uns des sujets discrets mais réels qui apparaissent dans la filmographie délirante de l’acteur !

Mais c’est avant tout une bonne grosse bouffonnerie qui ne fait pas dans le détail. Les gamins se font tabasser. Les testicules jouent de la batterie. La famille recomposée s’enfonce dans des troubles primaires (sexe, caca, coup de poing). C’est complètement stupide. Cette destruction de la réussite américaine par la balourdise est complètement jouissive !


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 27/11/2008