Il est des groupes qui inspire confiance & respect dès que l’on entend les premières notes de leur musique. Les français de Playdoh sont de ceux-là.
Au sortir de débuts marqués par un rock indé américain assez bruitiste, façon college rock, Playdoh, en 2003, négocie le fameux virage du deuxième album à sa façon, sans à-coups, mais non sans risques.
S’accrochant dès lors à mettre en valeur des sons et des influences plus anglaises qu’américaines ("Hood notamment"), Fragment marque à merveille l’émancipation d’une musique faisant fi des barrières.
Mêler l’organique et le numérique. Une musique hybride entre electro-pop et post-rock, très belle, très fine, où les guitares sont particulièrement touchantes. Les concerts après cet album seront d’ailleurs nourris de nombreuses vidéos et images… comme pour mieux accompagner la mixture.
Cet album est d'une maturité assez imposante, la production est travaillée, et les mélodies possèdent toute la force nécessaire pour nous toucher. Le morceau d'ouverture (titre en japonais, difficile à réécrire ici) est un exemple d’influences electro assumées (Boards of Canada/Aphex Twin). Mais du coup , on se met parfois à regretter un peu les voix d'autrefois, surtout féminines, trop peu présentes ici, et les montées de régimes de leur époque rock. Cet album est définitivement bon, mais manque parfois de temps forts, de quelques titres profondément rentre-dedans. "True", et sa démarche plus "rock" s'y essaie mais pas suffisamment pour donner de réels repères. Idem pour "silent" ou "i run, i swim", peut être un peu trop polis.
Malgré ces quelques déséquilibres, Fragments est profondément beau et …calme. Presque nécessaire pour un dimanche soir par exemple.
Il est d’autant plus dommage que le groupe n’ai pas survécu à l’année qui suivi cet enregistrement. Sans nouvelles d’eux depuis début 2005, on espère une suite prochaine, qui nous surprendrait encore.
Stéphane Doremus
© Etat-critique.com - 31/01/2008