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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 Fork in the road

Fork in the road

Neil YOUNG

(Reprise Records - 2009)

Et ta critique ?




Chaque année, Neil Young donne des nouvelles. Avec ce nouvel album, il se montre écologiste et responsable. Autrement rien de neuf !

Le Canadien découvert avec Buffalo Springfield vieillit et cela semble accroître son inspiration. Tous les ans, il nous envoie dans la tronche une dizaine de chansons, plus ou moins inspirées. Dans le meilleur des cas cela donne "Prairie wind", écrit à la suite d’un accident vasculaire cérébral ou "Chrome dreams II", assemblage de vieilleries gardées secrètes.

Le moins bon correspond à "Living with war", charge corrosive, écrite dans l’urgence, qui vise les dérives guerrières de Bush. On reste aussi dubitatif face au live avec les héros fatigués que sont Crosby, Stills & Nash.

Ces œuvres concentrent des morceaux copieusement électriques mais qui méritaient un peu de retenue. Depuis ses problèmes de santé en 2005, le chanteur a une soif d’écriture et ne se ménage pas. Il est brut de décoffrage !

Quand il ne maltraite pas ses guitares, Neil Young reste dans sa ferme et c’est là qu’il a bricolé un source d’énergie alternative. Avec un ami mécanicien, il a bidouillé une voiture électrique fiable.

Les mains dans le moteur ont donné ainsi dix chansons ! Son 31ème album trouve ses racines dans les désirs écologiques de l’artiste et ce symbole américain qu’est la voiture. Pendant que General Motors se meurt, Neil Young rend hommage à cet objet précieux et si cher aux Américains.

Les chansons sont dures comme le bitume. La production n’est jamais sophistiquée : le son est âpre et direct ! Avec son fidèle ami, Ben Keith, Neil Young provoque de nouveau un concours de guitares saturées sur des rythmes folk.

Il invente une bande son pour écouter sur la célèbre route 66. Tout cela fait très typique. Le côté garage montre toute la sincérité du projet et l’impressionnante volonté du chanteur, qui vieillit peut être mieux que Bruce Springsteen ou Bob Dylan, autres troubadours de la conscience américaine.

Cependant ces nouvelles chansons ne se retiennent pas. Ca ressemble à un long jam entre amis, amateurs de riffs bluesy et d’engagements louables. C’est parfaitement écoutable mais il faut bien l’avouer et c’est un comble : "Fork in the road" ne tient pas la route dans la prestigieuse discographie de Neil Young.


Neil Young - Fork in the road

 


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 15/06/2009