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Mercredi 23 Mai 2012Musique

 For all I Care

For all I Care

The BAD PLUS

(Heads up - 2008)

Et ta critique ?




Power trio du jazz, The Bad Plus propose une musique libre et déroutante. En se cachant derrière des reprises, le trio s’amuse bel et bien avec le style! Rigolons avec eux !

The Bad Plus ne sont pas des puristes. Ils invitent le rock et le pop dans leurs compositions. Très souvent ils reprennent des classiques du rock avec une vraie originalité qui mène à l’humour.

Le pianiste Ethan Iverson, le bassiste Reid Anderson et le batteur Dave King sont des petits facétieux qui mêlent le plaisir et le rire. Des rejetons de Bobby McFerrin !

Pour leur septième album, le trio invite une chanteuse, Wendy Lewis. Ca ne les empêche pas de faire dans le jazz d’avant garde. Les dissonances ne font pas peur au groupe.

Le disque s’ouvre sur une version anxiogène de Lithium de Nirvana avec un piano qui remonte à contre courant. Suit une version élégiaque de Confortably Numb. Un pur bijou. Ce sont les deux morceaux les plus connus, repris sur cet album. On peut ajouter aussi une reprise des Bee-gees.

Pour le reste il faudra reconnaître KD Lang, The flaming lips, Yes ou encore Wilco. Ce n’est pas bien grave : Bad Plus et leur complice vocal s’emparent brillamment des titres des autres.

Ce que l’on entend c’est un free jazz qui court agréablement après l’harmonie. Souvent, elle s’offre au quatuor. Leur jazz est flamboyant : le piano s’éparpille avec courage. La batterie assure la rythmique et la basse appuie sur des notes chaudes. Sur des chansons déjà écrites et entendues, le groupe peut s’essayer à d’inhabituelles tentations !

Pour ceux qui se méfient des morceaux tordus, cet album mérite l’écoute. Le jazz est assurément un genre élitiste et dans sa pratique, il peut dérouter ou choquer.

Ici le groupe défend un jazz libre et abordable malgré un goût immodéré pour le hors piste. Retrouvant leur producteur des débuts, Bad Plus s’aventure avec une gourmandise qui fait de cet album, une plate forme idéale pour tester des fruits défendus du jazz.
Singulier, ce paradis a des allures d’enfer !



Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 13/03/2009