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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Fish tank

Fish tank

Andrea ARNOLD

Avec Katie Jarvis, Michael Fassbender, Kierston Wareing et Charlotte Collins – MK2 diffusion – 16 septembre 2009 – 2h02

Et ta critique ?




Billy Elliot revu et corrigé par Ken Loach. C’est réducteur mais cela donne une idée intrigante de ce nouveau film british très social !


Mia aime danser. Elle s’use sur du hip hop. Elle dépense une énergie folle. Ca ne suffit pourtant pas à la calmer lorsqu’elle croise une rivale. Celle ci repartira le nez cassé !

Mia a un poster d’un tigre blanc dans sa chambre et cela pourrait être un miroir. C’est un fauve affamé dans une cage. La cage est celle d’un immeuble pourri dans un quartier abandonné par le capitalisme heureux de l’Angleterre.

C’est la Grande Bretagne de Ken Loach et de Mike Leigh. Mia est une héroïne prolétaire mais elle est surtout une grande révoltée. Elle ne s’exprime que dans la violence et les pires insultes. Elle engueule en permanence sa sœur (qui biberonne à 10 ans du cidre et mache des cigarettes) et sa mère, blonde perdue et alcoolique.

Rejetée par les filles de son quartier, virée de son collège, en colère contre les siens, il ne reste que la musique et la danse. Jusqu’au jour où elle croise Connor, le nouveau petit ami de biture de sa maman…

D’un coup, le tigre se fait plus tendre. Les griffes sont rentrées et les blessures jaillissent. Depuis le début du film, la réalisatrice Andrea Arnold scrutait habilement la solitude de Mia.

Toujours en mouvement, l’adolescente fuit le monde qui l’entoure et lorsqu’elle est intriguée par Connor, les écorchures ne sont plus que physiques. Elle s’attarde sur un homme, beau et curieux, mais elle découvre aussi quelques vérités sur elle même.

La caméra poursuit presque son personnage central. Il est un mystère qui veut s’ignorer lui-même. Grace à un sens du cadre assez fascinant (quoiqu’un peu trop maniéré à deux ou trois moments), la réalisatrice laisse des indices qui peu à peu vont devenir des certitudes.

La misère sociale nous plonge dans une violence inouïe, où les êtres crèvent du manque d’amour. Les durs ont le cœur tendre et Fish Tank nous rentre dans le lard en visant le cœur. Toujours border line, le film rugit d’une énergie cinglante et réaliste. Les pas de danse, maladroits, sont un appel à la vie. Un tel romantisme dans un film si social, c'est inattendu et c'est précieux.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 22/09/2009