Autodidacte, la demoiselle qui se cache derrière ce pseudonyme félin a beaucoup de talents. Elle le prouve en 13 chansons.
La musique du Prince Miiaou a l'éclat et la force de PJ Harvey. Ce n'est pas une musique faite par des filles. Ce n'est pas du rock féminin. C'est du bon vieux rock exécuté avec passion et fantaisie. Comme l'Anglaise, Maud Elisa Mandeau aime un style épuré mais mélodique.
On se surprend alors à revenir vers ses compositions pas forcément faciles d'accès mais qui réservent des surprises. Car les références sont nombreuses et diverses. On reconnaîtra le bordel organisé d'un Mogwai. Les fanfaronnades organisées d'Arcade Fire. La guitare élégiaque d'un Jeff Buckley. Ou la colère électrique d'une Patti Smith.
Le rock du Prince Miiaou n'est pas fait de compromis. La jeune femme s'occupe de tout. Elle maîtrise ses folles compositions qui nous plonge dans un univers rude mais harmonieux. Ses angoisses deviennent des morceaux entêtants.
Ses textes ne sont pas joyeux mais elle les enroule dans des mélodies souvent inattendues, avec comme amie, une guitare protéiforme. Elle souffle sur le chaud et le doux. Elle n'a jamais appris la musique mais pourtant elle réalise treize titres solides qui s'installent durablement dans la tête.
L'intensité retombe rarement dans ce disque. Même sur les pistes plus calmes, la belle se cramponne à sa (fausse) fragilité et à une vraie musicalité. Sans le vouloir, nous voilà amoureux d'une chanteuse qui aime bien être insaisissable.
Au fil des écoutes, on découvre une collection dense et forte de rock entêté et singulier. On se plait beaucoup à écouter cette énergie brute et tourmentée. La demoiselle ne ronronne pas ou ne se love pas. Elle ne tente de charmer. Elle griffe de son empreinte un rock sec et habité.