Grand succès au Festi’Val de Marne 2010 pour Arthur Ribo et Le Maxi Monster Music Show. La relève est là pleine d’idée et d’audace.
Le Festi’Val de Marne a dû réduire la voilure comme le dit son capitaine de vaisseau Jean-Claude Barens. La goélette autrefois nommée ainsi par un de ses plus fameux participants, Claude Nougaro, a dû revoir sa programmation. Certes, les têtes d’affiche sont là et remplissent rapidement les salles, mais qu’en est-il de la jeune génération et des nouveaux chanteurs ? Comment leur laisser la place qu’ils méritent et le temps des découvertes avec le public ? Comment créer du renouveau et des rencontres avec le public en réduisant les moyens de ces rencontres ?
Ce dimanche, c’est Arthur Ribo qui ouvre le bal. Issu du théâtre et de l’improvisation, voici le premier moussaillon de la chanson française à oser le tout pour le tout. Sur les planches d’Orly, Arthur récolte des mots écrits par le public sur de petits cartons blancs. Des nuages de mots aussi éloignés les uns des autres que « zut » « chapeau » « retraite » « chaise longue » « 22h22 ». Le moussaillon se prête à l’interactivité et se lance dans un slam utilisant chaque mot pioché. Une revendication verbale valorisant les pirouettes d’un slam loin des rimes de collégiens d’autres slameurs pourtant dans le vent. Une prouesse alliant poésie, technique et rimes sociales. Victor Belin l’accompagne dans des ambiances sonores élevant le discours. Arthur Ribo est un marin volontaire. La goélette peut en être fier. C’est tout simplement détonnant, percutant et plein de vie.
Puis vient le Maxi Monster Music Show. Nous les avions rencontrés à l’Européen. C’était évident. Le succès devait arriver. Embarqués dans le Festi’Val de marne, les voilà, les forains de la différence, prêts à en découdre avec les flots du public. Rapidement, le courant se plie aux charmes du groupe et bientôt les souffles du public assis en redemandent pour cadencer une musique qui valorise la joie, le rétro, l’humour et le plaisir de jouer. La poupée barbue mène tambour battant son équipage. L’homme fort tape et percute sa caisse claire. Telle une galère au milieu des difficultés du temps le Maxi Monster Music Show montre qu’on peut y croire et que coûte que coûte on avance. La jeunesse rêveuse prône l’insolite avec talent, dans la droite lignée du Rocky Horror Picture show. Banjo, piano, mélodica, contrebasse, ukulélé, trompette et chants ont dompté la salle qui trépigne et danse sur les fauteuils. Le succès est là.
Alors après de telles réussites, on félicite bien volontiers ce Festi’val qui cherche à maintenir le cap des découvertes d’artistes.
Ce dimanche là, sur la goélette, la vie nous a fait des cadeaux, et nom de dieu que c’est bon, Orly, le dimanche, avec ou sans Bécaud.


http://www.myspace.com/themaximonstermusicshow
http://www.myspace.com/arthurribo
http://www.festivaldemarne.org/10accueil.html
Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 13/10/2010