Febre est une métaphore dansante du chao des favelas.
Febre est la deuxième partie d’une trilogie sur le thème de la violence, un sujet qui prend toute sa puissance à travers le langage du corps. Dans un rythme effréné, la brutalité ordinaire des favelas investit la scène et nous entraine dans un autre monde.
Ce spectacle raconte à la fois l’histoire de beaucoup de gens et celle d’une personne parmi d’autres.
Il s’agit de vivre intensément sa vie car le lendemain reste incertain. On sent une certaine folie dans ce quotidien qui défile à toute vitesse.
La danse contemporaine permet parfaitement d’exprimer cet empressement, on les voit danser comme ils pourraient vivre. Les corps des danseurs deviennent des instruments puissants pour raconter ce que vivent les villes brésiliennes.
Les chorégraphies adoptent une rythmique particulière en jouent sur une certaine régularité des figures. On peut y voir une volonté d’insister sur le caractère incessant de la vie qui pourtant se défile aux protagonistes.
Grace à un travail visuel sur la lumière et sur la mise en scène, le spectacle présente de nombreux tableaux scénographiques. Il n’y a pas besoin de mots pour expliquer ce que l’on voit, tout apparait comme allant de soi. Plus que spectateur, on devient acteur passif car on est entièrement plongé dans le spectacle. Certains moments du spectacle sont extrêmement poignant et choquent le public par leur violence réaliste.
http://www.theatre-chaillot.fr/
Rebecca Bory
© Etat-critique.com - 04/03/2009