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Mercredi 23 Mai 2012Cinéma

 Feast

Feast

John GULAGER

Avec Krista Allen, Balthazar Getty, Jason Mewes et Navi Rawat - TF1 video - 1h20 - 2006

Et ta critique ?




Si vous vous agacez des grêvistes qui vous font marcher des kilometres dans le froid, regardez Feast et remplacez les héros par nos salariés pas contents. Sale, gore et très amusant. 


Projet initié dans l'émission de téléréalité dirigée par Matt Damon et Ben Affleck, Feast est une vraie bonne surprise pour tout amateur de déviances et de bastons acharnées entre bimbos et monstres poilus.

Certains trouveront cela juste dégoûtant et bêtement régressif. D'autres verront dans ces deux qualités, une raison suffisante de défendre cette petite série B qui sent bon le fuel, la sueur, la bière et le sang.

Le réalisateur en s'embarasse pas d'une histoire trop compliquée. Une douzaine de personnages affreux, sales et méchants sont bloqués dans un bar sur une route texane, harcelés par des monstres charognards...

C'est simple et cela rappelle aussi bien le délire goresque Une nuit en enfer qu'une version simplifiée des films de John Carpenter. John Gulager, petit acteur devenu cinéaste, soigne ses personnages pour complèter ce concept anorexique.

Il prend un malin plaisir à maltraiter les clichés sur pattes que sont le héros, l'héroïne, le vilain proprio du bar, le casse cou sexy, l'handicapé, la barmaid blonde ou encore le simple d'esprit.

le film s'en donne à coeur joie. Sale gosse, le réalisateur et les auteurs (parrainés par le cynique Wes Craven) torturent de la pire des manières les protagonistes. La bonne idée c'est de faire des monstres, de belliqueuses créatures mais aussi d'en faire des libineux obsédés. En plus de vouloir dévorer tout le monde, le charognard mutant profiterait bien de la situation pour calmer ses (grands) besoins sexuels.

Le film est finalement très malpoli et c'est sa grande qualité. Il faut certes aimer le genre pour être indulgent avec ce type de spectacle. Pourtant il est difficile de ne pas s'amuser face à ce déluge de mauvais goût assumé et, ici, célébré d'une fort belle manière.


Pierre Loosdregt

© Etat-critique.com - 17/11/2007