Ces quatre amis qui refusent le star-system (« Personne n’envie les petits bourgeois londoniens. Ils ont accès à tout sans se fatiguer. Cela bride ton imagination ») nous plaisent. Entre new-wave, rock et électro, les Anglais de Late of the Pier n’ont rien de ces groupes brit-pop à la petite semaine.
La réussite de ces mecs de 21 ans provient de la véritable complicité qui les unit. Et aussi de Samuel Eastgate (chant et guitares), qui a tout du leader charismatique. Son solo de fin sur "Heartbeat" montre le potentiel du gaillard. Quant à sa voix, elle monte parfois comme celle de Robert Plant. Une impression qui apparaît après que ce beau gosse ait déposé des mots à la manière de Alex Turner (Artic Monkeys).
Late of the Pier est également comparé, à juste titre, à Franz Ferdinand et Prodigy. Les synthés et les bidouillage d’un dénommé Potter, très prometteur, expliquent cette dernière analogie.
« Le groupe a commencé en 2003. Le seul but, c’était d’arrêter l’école. Dans notre ville, les statistiques d’inceste sont impressionnantes. Tu te retrouves avec 1.000 élèves pour une population qui fait à peine le double », confie le quatuor dans le dernier numéro de Vox Pop (excellent bimestriel musical).
Au final, on retrouve un groupe humble qui a bien bossé ses gammes - et écouté toutes sortes de zic dans son bled de 7.000 âmes, plutôt que de sortir et se la péter en soirée pour asseoir l’image d’un groupe hype. Autrement dit, ils ont bossé et connu la notoriété. Et non l’inverse, comme cela devient malheureusement trop souvent le cas…
Coup de cœur pour "Random Firl". Incarnation même de la diversité proposée par ce quatuor de génie. "Space and the woods" est à (ré)écouter aussi, pour les plus pressés d’entre vous. Une chanson débutant avec un synthé digne des Cure qui prend ensuite un virage pop-rock pour finir sur une note electro rappelant les Klaxons. Et si ce n’est pas de l’anti star-system alors je ne sais plus ce qu’il vous faut !