Le Maxi Monster Music Show était à l’Européen à Paris pour une série de concerts dans le cadre du Festival des Attitudes Indépendantes. Maxi bonheur.
Ils sont sept sur scène fardés de maquillage, de costumes à dentelles. Barockissimo ! Au chant et castagnettes, Gina Trapézina dite « LA POUPEE BARBUE » ; à la contrebasse, Olga Nounouchka Bravinski dite « L'HIRONDELLE DU BOLCHOÏ » ; à la guitare classique, mélodica, yukulélé et concertina, Miss Gabrielle dite « LA FEMME GUÉRIDON » ; à la batterie, gants de boxe et yukulélé, Raymond Butor dit « L'HOMME FORT » ; au piano, Juan-ita de Panama dit « L'HOMME FEMME » ; à la guitare folk et banjo, Axel de la Rose dit LE ZOMBIE ANDALOU et à la guitare électrique, banjo et trompette, San Kardam dit "LE FAKIR NARCOLEPTIQUE".
Avec des noms pareils, difficiles de passés inaperçus dans une société liberticide qui ne supporte pas les étrangetés et les marginaux. Ils sont d’ailleurs activement recherchés et chassés comme autrefois certains artistes de foire… Les voilà donc réfugiés dans une roulotte en résidence non loin de la place Clichy à Paris, à l’Européen.
La salle est pleine à craquer, petits, plus grands et plus vieux. Il y a des « gothiques », des maigrichons, des costauds, des personnages, des gens alpha et des gens bêta. Freaks sur scène et dans la salle. Une salle populaire qui mélange les genres et les classes, tous venus là pour se rendre compte du phénomène.
Qui sont ces artistes ?
Des artistes barrés. Fous mais assez rigoureux et intelligents pour croire à leur rêve et croire qu’il est possible de s’amuser en amusant les autres avec des icônes du passé. La recette fonctionne. Mieux, elle émerveille. On se laisse prendre au piège du spectacle de l’étrangeté truquée. La poupée à barbe en met plein la vue. Cette barbe-masque qui rend la chanteuse séduisante et capable d’oser le culot des rondeurs. Elle tient la scène comme la tenait sûrement les femmes de cabaret fin XIXème siècle, avec passion et talent. Poitrine en avant, tout est toléré et mis en avant, de l'homme-femme à deux visages à la femme-tronc dans son coffre, de l'homme-fort à la batterie à la jolie danseuse à la contrebasse.
Embarqués dans des rôles qu’ils tiennent du début à la fin sans le moindre décrochage, ces comédiens musiciens nous divertissent avec folie et culot. Bravo à cette jeune équipe qui apporte de la gaieté par la différence. Bravo pour ce projet qui célèbre le hors-norme. A voir.
Quelques photos :
article et photos de Sébastien Mounié
© Etat-critique.com - 10/10/2009