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Mercredi 23 Mai 2012Art-scène

 Expodrome

Expodrome

Dominique GONZALEZ-FOERSTER

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris /ARC - 11 avenue du Président Wilson - 75116 Paris - jusqu’au 6 mai 2007- ALPHAVILLES ? et Tropicalisation, deux autres continents à explorer, publiés aux Presses du Réel.

Et ta critique ?




Voyages au bout des sensations.

Dans l’architecture moderniste de l’ARC, Dominique Gonzalez-Foerster & Cie nous invite à une exploration intense de la lumière et de l’espace.


Expodrome réunit plusieurs espace-temps déclencheurs d’expériences singulières : Solarium,La Jetée,Promenade, Panorama,Cosmodrome, et Cinéma.

Dominique Gonzalez-Foerster invente un lieu, une géographie à traverser et à appréhender, à visiter et à ressentir.

Comme une partition écrite à plusieurs mains, l’artiste a ici travaillé en étroite union avec Nicolas Ghesquière, Bashung, Benoît Lalloz et Martial ou Jay-Jay Johanson, qui tous apportent leur musicalité et leur sensibilité aux constructions perceptives.

La Promenade ouvre Expodrome : un arc blanc et brûlé de lumière, un trip surexposé où le vide s’étend …jusqu’à ce que la pluie vienne tambouriner à nos oreilles, une pluie tropicale immatérielle, sous laquelle on passe sans être mouillé, qui accompagne notre chemin, qui devient la matière même de cette promenade. Et lorsque le corps, par projection cognitive, cherche à se protéger, il se pose dans de petits recoins où l’eau tombe alors sur de la tôle, dans des tuyaux, ou goutte à goutte. Et l’on se prend à lever la tête pour capturer un peu de cette fraîcheur virtuelle, pour participer encore plus à cette oeuvre dans laquelle nous sommes projetés, libérés et affranchis.

Une libération qui s’explore et se ressent dans chaque dispositif.

Dans le Solarium, où allongé sur les escaliers à admirer le soleil au-dessus de l’horizon, ses jeux d’éblouissement, d’apparitions et d’ombres, le corps se déleste encore un peu plus de la pesanteur, puis poursuit sa traversée des lumières, celles qui crépitent le long du Panorama, où glissent et scintillent les points de vie urbains, qui s’enfoncent puis éclosent du gris brillant et  sourd du mur.

Les frontières s’abolissent, le dedans et le dehors se jouent de leur définition, la Jetée dresse un paysage de blocs acérés qui nous ralentissent, tandis que nous décollons dans le Cosmodrome, couchés sur du sable volcanique, hypnotisés par les séquences lumineuses et musicales.

Dominique Gonzalez-Foerster franchit dans son travail, qu’il soit cinématographique, photographique, plastique ou scénique, des frontières d’espace et de perceptions.

Et elle a la générosité de nous inviter à la suivre.



Perrine Le Querrec

© Etat-critique.com - 15/04/2007